La CGT-cheminots propose les 32 heures annualisées

PARIS, 15 avril 2016 (AFP) – 32 heures annualisées et davantage de repos pour compenser les contraintes de travail: la CGT-Cheminots a mis cette semaine sur la table des négociations du rail un projet d’amélioration des conditions de travail qui, selon les entreprises ferroviaires, alourdirait de 40% la productivité.

Ce texte très technique, consulté vendredi par l’AFP, a été versé de façon informelle aux discussions qui se sont tenues mardi et mercredi entre l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP, qui regroupe SNCF et entreprises privées) et sept syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Unsa et SUD-Rail).

Ces discussions sont censées aboutir d’ici juillet à une convention collective commune à tous les travailleurs du rail (fret/voyageurs, SNCF/privé) afin que l’ouverture totale à la concurrence se déroule dans de bonnes conditions de sécurité et sans dumping social.

Parmi ces propositions d' »aménagement du temps de travail garantissant la sécurité, le service public et des conditions de vie et de travail favorables », figure en première place un passage aux 32 heures hebdomadaires annualisées (1.427 heures par an).

Outre l’opportunité de « créer 15.000 emplois dans la branche », le syndicat souhaite que l’abaissement du temps de travail « génère des repos pour mieux compenser certaines contraintes (travail dominical, de nuit, repos hors du domicile) », explique-t-on à la fédération.

Sur le nombre de jours de repos, le document ne tranche pas. Il liste des scénarios. « On laisse place à la négociation », précise à l’AFP un représentant du premier syndicat de la branche.

Sans diminuer la durée journalière actuelle de travail, les 32 heures ouvriraient droit à un minimum de 18 jours de repos supplémentaires pour chaque cheminot, calcule la CGT. L’abaisser à 7 heures impliquerait au contraire la perte de trois jours de repos pour les roulants SNCF, qui bénéficient actuellement de 22 jours de plus que ceux du fret privé.

Le syndicat propose également d’aligner les règles de branche sur celles en vigueur à la SNCF, voire de les améliorer, notamment sur les temps de repos quotidiens. Il porte également des mesures pour concrétiser le droit à la déconnexion (des mails, téléphones) en dehors des temps de travail et d’astreinte.

Cumulées, ces mesures aboutiraient (dans l’hypothèse la plus extrême) à « une perte de productivité de 40% pour les entreprises, soit une augmentation de 20% du prix des billets des voyageurs » et factures des clients du fret, selon l’UTP. Le projet induirait aussi « une baisse de l’offre de trains les soirs et week-ends », alerte l’organisation patronale.

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