La CGT « compte bien » rester premier syndicat français (Martinez)

PARIS, 18 avril 2016 (AFP) – Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a déclaré lundi que son syndicat comptait bien rester première organisation syndicale française, et vivement dénoncé la politique économique et financière de « Hollande et Valls ».

« La CGT est bien présente dans le paysage français. C’est la première organisation syndicale de notre pays et elle compte bien le rester », a-t-il assuré lors d’un discours d’ouverture du 51e Congrès de la CGT à Marseille, devant un millier de délégués.

La CGT « est incontournable dans sa capacité à s’opposer, à rassembler et à mobiliser. Certains ont voulu nous enterrer en fin d’année 2014, suite aux problèmes que nous avons traversés », a-t-il ajouté, faisant référence à l’affaire Lepaon.

Thierry Lepaon, ex-numéro un de la CGT, a été obligé de démissionner début 2015 après avoir été épinglé sur son train de vie par des révélations dans la presse publiées à partir de fin 2014.

« Si cette période a été difficile, nous avons tous ensemble réussi à la surmonter, pour mieux préparer notre avenir. Nous n’avons jamais nié les problèmes. Nous avons d’ailleurs commencé à les régler par des mesures internes que nous avons tout de suite mises en oeuvre », a ajouté M. Martinez, dans ce discours retransmis en live sur le site du Congrès.

M. Lepaon n’a plus aucune responsabilité à la CGT mais est toujours rémunéré par cette dernière tant qu’il n’a pas trouvé d’emploi. Présent au Congrès lors du discours de M. Martinez, il a été sifflé et hué par les délégués.

« On nous traite de dinosaures, de derniers des Soviets. Si elles sont insupportables, ces insultes nous montrent au moins une chose, nous sommes bien présents et vivants, car on ne tire pas sur les morts », a encore dit M. Martinez.

Le secrétaire général avait déclaré la semaine dernière craindre que la CGT perdre la première place lors des élections professionnelles nationales en 2017, au profit de la CFDT.

Lors de la précédente audience réalisée en 2013, la CGT avait recueilli 26,77% des voix et la CFDT 26%. Quelque 5,4 millions de salariés avaient alors voté, soit une participation de 42%.

Crédit impôt compétitivité emploi (CICE), pacte de responsabilité et maintenant la loi travail : M. Martinez s’est également montré très critique vis-à-vis de la politique « Hollande et Valls ».

« Fini le temps des promesses du candidat Hollande, qui voulait s’attaquer au monde de la finance, aux inégalités, qui voulait que son quinquennat soit celui de la lutte contre le chômage et placé sous le signe de la jeunesse », a-t-il regretté.

« La finance, elle rigole, elle sabre le champagne et (Pierre) Gattaz (patron du Medef) se frotte les mains. Jamais les inégalités n’ont été aussi importantes en France, en Europe et dans le monde », a-t-il ajouté.

La loi travail est « un retour au 19e siècle », selon lui. Mais elle est « applaudie » par le Medef : Nicolas « Sarkozy en rêvait, Hollande veut le faire », a-t-il ajouté. Cette réforme aboutirait selon lui à la création d' »un code du travail par entreprise » au détriment du salarié. La CGT réclame son retrait.

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