La CGT demande le retrait d’une procédure disciplinaire visant une inspectrice du travail en Guyane

 PARIS, 23 mars 2017 (AFP) – La CGT demande à la ministre du travail d’annuler une procédure disciplinaire à l’encontre d’une inspectrice du travail de Guyane, à la suite de « propos déplacés » provoqués par « des années de discrimination raciale », selon le syndicat jeudi.

Parlant d’un « déni de justice », la CGT appelle les agents publics et les associations de lutte contre les discriminations, à se rassembler devant le ministère du travail le 28 mars, jour où cette inspectrice est convoquée en commission disciplinaire.

Elle encourt une sanction susceptible de conduire à sa rétrogradation ou à une suspension de trois mois à deux ans, selon la CGT.

Les faits remontent au 14 octobre 2016. Henriette Henry, 49 ans et plus de 15 ans d’ancienneté, adhérente CGT, aurait été traitée de « négresse » par une collègue et rétorqué « je suis chez moi en Guyane ». Pour avoir tenu ces propos devant trois usagers, il lui est reproché d’avoir violé les obligations déontologiques de réserve, de neutralité, et de dignité des fonctionnaires, selon la CGT.

« Une réaction de défense naturelle après des années d’humiliations et de discrimination raciale et syndicale », dit à l’AFP Mornia Labssi, militante CGT et contrôleuse du travail, qui avait interpellé en avril 2016 Myriam El Khomri, avec sept autres femmes fonctionnaires, sur des discriminations au sein de son ministère.

Elle explique, que Mme Henry a, dès son arrivée en 2011 en Guyane, sa terre natale, « subi de la part de sa supérieure hiérarchique des propos vexatoires, des humiliations constantes, une placardisation qui ont dégradé sa santé et l’ont conduite en arrêt maladie ». Elle a néanmoins passé avec succès le concours d’inspectrice du travail et repris le travail.

Au moment de l’incident, sa collègue n’était plus sa supérieure hiérarchique. L’encadrante a, selon la CGT, fait l’objet d’un changement de service, suite à une intervention de l’administration locale du travail.

Interrogée par l’AFP, la secrétaire générale adjointe des ministères chargés des affaires sociales, Annaïck Laurent, explique qu’il s’agit « d’un dossier en cours d’instruction et d’un conflit entre deux personnes, un sujet de comportement et non de harcèlement ou de discrimination ».

La Commission disciplinaire « permettra à Mme Henry d’apporter son éclairage » sur cette affaire, dit-elle.

Une procédure disciplinaire, « en cours de finalisation », vise également l’ex-encadrante, a-t-elle ajouté, sans toutefois en préciser la nature.

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