La CGT lance une consultation interne sur les « libertés syndicales »

PARIS, 26 septembre 2016 (AFP) – La CGT a lancé un questionnaire en ligne auprès de ses adhérents pour « rendre visible et mieux connaître » les atteintes aux libertés syndicales, selon le document dont l’AFP a obtenu copie lundi.

Cette consultation autour de 44 questions se veut un système de « remontée en ligne d’informations sur les faits de répression, de discrimination et d’entraves à l’action syndicale », explique la CGT dans l’introduction du document.

« L’objectif est à la fois de faciliter la connaissance de ces phénomènes, de coordonner l’action pour les combattre et de produire des données utilisables pour des études », explique le premier syndicat français.

Les résultats permettront de montrer « les secteurs les plus répressifs ».

En outre, ils permettront de « plus facilement interpeller les pouvoirs publics sur le phénomène des libertés syndicales (en particulier de la direction générale du travail qui refuse de publier les statistiques concernant les salariés protégés) », selon la CGT.

L’organisation syndicale estime qu’il y a une montée de la « répression syndicale » en France. Elle donne l’exemple, entre autres, de la tentative d’interdiction de manifester contre la loi travail, agitée par le gouvernement en juin. Son secrétaire général, Philippe Martinez, s’est insurgé en août contre la décision de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, de valider le licenciement d’un délégué CGT Air France dans l’affaire de la « chemise arrachée », y voyant également « un renforcement de la répression syndicale ».

L’article 30 de la loi travail, promulguée en août et combattue par la CGT car considérée comme source de dumping social, prévoit que le gouvernement remette au Parlement dans un délai d’un an un rapport sur l’état des discriminations syndicales en France. Ce rapport se fera sur la base de travaux réalisés par le Défenseur des droits.

De son côté, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait pointé en juin les problèmes de discriminations syndicales et « les difficultés tenant à une acceptation très relative du fait syndical » en France. Les auteurs avaient également demandé au Défenseur des droits de s’emparer du sujet.

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