La Commission européenne pointe du doigt les lacunes du système de santé français

PARIS, 27 mai 2020 – La Commission européenne a adressé quatre recommandations à la France pour cette année et 2021. Face à la crise de Covid-19, la Commission souligne « des difficultés à garantir la disponibilité immédiate de professionnels de la santé, de produits indispensables et d’équipements de protection individuelle ».

« La segmentation persistante du marché du travail demeure préoccupante», relève la Commission, en rappelant qu’en 2019 « environ deux tiers des nouveaux recrutements étaient des CDD de moins d’un mois ».

Dans ses recommandations à la France présentées le 20 mai dernier, dans le cadre du Semestre européen, la Commission consacre, en matière sociale, deux développements intéressants, l’un sur les effets négatifs de la crise de Covid-19 sur le marché du travail et la situation sociale en France, l’autre sur le système de santé. « Malgré l’adoption de mesures d’atténuation, le chômage devrait augmenter (pour s’établir à 10,1 % en 2020 et redescendre ensuite à 9,7 % en 2021). […] La segmentation persistante du marché du travail demeure préoccupante », relève également la Commission, en rappelant qu’en 2019 « environ deux tiers des nouveaux recrutements étaient des contrats de courte durée de moins d’un mois ». De plus, « le taux de transition d’un contrat de courte durée vers un contrat permanent est l’un des plus faibles de l’Union ». La Commission estime qu’« il est important de veiller à ce que chaque demandeur d’emploi, indépendamment de son statut professionnel antérieur, puisse bénéficier d’allocations de chômage ainsi que d’un soutien actif à l’emploi ». La France est invitée à « poursuivre ses efforts afin d’encourager la réaffectation de la main-d’œuvre entre différents secteurs » pour « remédier à l’inadéquation des compétences ». Avant la pandémie, « les employeurs faisaient de plus en plus état de difficultés à recruter des candidats appropriés, soulignant ainsi la nécessité d’encourager la reconversion et le perfectionnement professionnels ». Les lacunes du système de santé

Si le système de santé « permet d’obtenir de bons résultats en matière de santé publique», la Commission explique que la crise de Covid-19 a mis en lumière « des lacunes dans la préparation du système aux situations de pandémie ». Elle souligne aussi « des difficultés à garantir la disponibilité immédiate de professionnels de la santé, de produits indispensables et d’équipements de protection individuelle ». Une appréciation un peu éloignée des derniers propos du président de la République concernant « une doctrine restrictive » pour justement « ne jamais être en rupture » et assurer ainsi du matériel aux soignants.

Les problèmes structurels

La Commission constate aussi des « problèmes structurels latents » qui « résultent d’un manque d’investissements dans les infrastructures physiques et les ressources humaines, d’une adaptation limitée de l’organisation des services et de la nécessité d’une meilleure coordination entre acteurs privés et publics ». Ces difficultés sont « aggravées par la persistance de disparités régionales » avec environ 18 % de la population française qui vit « dans des régions où l’accès à un médecin généraliste est limité ».

Le recours à la télémédecine

Pour la Commission, « de nouveaux efforts décisifs sont nécessaires pour faire passer les services de santé au numérique ». La crise « montre qu’une meilleure utilisation de la santé en ligne, en particulier de la télémédecine, est importante en période de pandémie ».