La direction d’Air France tente de désamorcer la grève des hôtesses et stewards

PARIS, 1 juillet 2016 (AFP) – La direction d’Air France a proposé vendredi aux hôtesses et stewards de reconduire pour 17 mois, quasi à l’identique, leur accord d’entreprise, tentant de désamorcer, à trois jours de l’arrivée du nouveau PDG, Jean-Marc Janaillac, une grève annoncée pour fin juillet.

Cette offre intervient dix jours après une proposition, acceptée par les pilotes, de geler certaines mesures salariales, en échange d’un engagement à ne pas faire grève d’ici au 1er novembre.

La direction espère avec ce projet d’accord sur la table aboutir à une levée des préavis déposés par les trois syndicats de personnels navigants commerciaux (PNC), SNPNC-FO, Unsa-PNC et Unac, du 27 au 2 août en pleine période estivale.

« Ce préavis de grève a bousculé l’agenda de la négociation pour l’accélérer », a expliqué à des journalistes le directeur des ressources humaines de la compagnie, Gilles Gateau. Ce dernier n’a pas caché son souhait que le projet d’accord permette « au plus vite que les préavis soient levés ».

Pour qu’un projet d’accord soit validé, la signature d’au moins deux des trois syndicats est nécessaire et il ne doit pas rencontrer d’opposition majoritaire.

Ce projet est ouvert à la signature des syndicats jusqu’au 13 juillet. Les organisations doivent consulter leurs instances en début de semaine prochaine, selon la compagnie.

Pour le SNPNC-FO (21%), « en l’état, cet accord n’est pas acceptable ». « On est en désaccord complet sur la durée de l’accord » de 17 mois, a déclaré à l’AFP Christophe Pillet, secrétaire général adjoint du syndicat, estimant que seul un plus long terme serait un « gage de visibilité ».

Les personnels navigants commerciaux (PNC) d’Air France renégocient depuis mi-avril leur accord d’entreprise. Cet accord collectif fixant notamment les règles de travail, de rémunération et d’avancement de carrière des PNC arrive à échéance fin octobre.

– Un accord de ‘stabilité’ –

Selon la direction, il s’agit d’un « accord de stabilité ».

« Nous avons proposé une reconduction de l’accord existant avec certaines modifications mineures », a précisé M. Gateau.

Côté efforts demandés aux navigants, certains équipages seront réduits de quatre à trois personnes mais la mesure ne concernera qu' »environ 3% » de l’activité moyen-courrier, a précisé M. Gateau.

Cette mesure va concerner 40 avions, selon M. Pillet.

Parallèlement, quelques éléments d’améliorations « touchant la vie quotidienne » des 13.600 PNC sont apportés, notamment sur « la stabilité des plannings », selon M. Gateau.

Par ailleurs, la direction s’engage à ne pas lancer de plan de départs volontaires pendant la période de l’accord, jusqu’en mars 2018.

Alors que les syndicats dénonçaient un projet visant à baisser la rémunération horaire, la direction a assuré qu’il n’y a « pas de mesure sur les rémunérations ».

L’accord est prévu pour durer 17 mois, contre trois pour le précédent.

« On ne pouvait pas s’engager sur une longue durée », a expliqué M. Gateau, en mettant en avant l' »incertitude » de l’environnement économique et les projets futurs encore à définir par Jean-Marc Janaillac.

Les syndicats militaient pour un accord sur une durée d’au moins 3 ans.

« On est partis d’une copie qui enlevait un mois de salaire par an. On sait très bien qu’ils vont y revenir dans 17 mois. On veut des garanties », a déclaré M. Pillet.

Estimant que « l’entreprise va mieux » et compte tenu de la suspension des mesures demandées aux pilotes, le responsable syndical réclame des « améliorations significatives au texte ».

Il cite par exemple la suppression d’une mesure figurant au précédent accord qui réduisait le temps de certaines rotations de vol et une « revalorisation des rémunérations » gelées depuis fin 2011.

Sous le plan de restructuration « Transform », qui a abouti à la suppression de plusieurs milliers de postes entre 2012 et 2015, les PNC avaient respecté l’intégralité des efforts demandés, déjà « considérables », ont fait valoir les syndicats pendant les négociations.

Le groupe Air-France KLM a renoué avec les bénéfices en 2015, pour la première fois depuis 7 ans, mais la direction estime que la situation du groupe reste fragile.

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