La direction de Casino confirme la cession d’une vingtaine d’hypermarchés (syndicats)

PARIS, 5 octobre 2018 (AFP) – La direction du groupe de distribution Casino a confirmé vendredi aux syndicats la cession d' »une vingtaine d’hypermarchés », sans davantage de précisions, ainsi qu’un projet de restructuration de sa branche restauration, a-t-on appris de sources syndicales.

La confirmation de ce projet évoqué dans la presse depuis mi-septembre a été faite à l’intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CGT et Unsa), ainsi qu’au syndicat FO, à l’occasion d’une rencontre avec les directeurs général Julien Lagubeau et financier Antoine Giscard d’Estaing.

La cession d’une vingtaine d’hypermarchés, sur 110 en France, pourrait concerner environ 2.000 salariés.

« Aucune liste de magasins » n’a été communiquée par la direction, qui n’a pas non plus établi de calendrier pour ce projet, a précisé l’intersyndicale, qui dit représenter plus de 60% des voix aux élections professionnelles, dans une déclaration consultée par l’AFP.

La direction a dit être « en contact avec d’éventuels repreneurs et que toutes les propositions seront étudiées », a ajouté l’intersyndicale.

Des marques d’intérêt émanant de « System U, Leclerc et Intermarché » ont déjà été enregistrées, a indiqué de son côté à l’AFP le SNTA-FO, premier syndicat au sein du groupe de distribution, faisant état des propos de la direction lors de la réunion.

Casino est sous pression des investisseurs depuis plusieurs mois pour réduire sa dette. Le groupe a récemment révélé en outre avoir été approché par Carrefour en vue d’un rapprochement, initiative qui a échoué.

– « Plusieurs options » –

Interrogé par l’AFP, le groupe Casino a tempéré ces annonces. « Il n’y a pas eu d’annonce stricto sensu de cession de 20 hypermarchés », a affirmé un porte-parole du groupe.

« Ont été reçues ce matin les organisations syndicales pour parler des transformations des hypermarchés », a-t-il expliqué.

La direction a dit aux syndicats qu’une vingtaine d’hypermarchés « qui perdent de l’argent » nécessitaient « un traitement sur-mesure », a-t-il encore dit. « Et dans ce traitement sur-mesure, il y a plusieurs options, comme le passage en franchise (…) un passage en location-gérance ou bien encore une réduction de la taille des hypermarchés ».

« La cession, c’est une option parmi celles-là mais qui n’est pas supérieure ou inférieure », a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il n’y avait « pas de calendrier, pas de liste qui a été posée ».

Le groupe de distribution a aussi confirmé que sa branche restauration (environ 2.000 salariés) « n’est plus au coeur des stratégies de l’entreprise », a assuré l’intersyndicale. « Sur toutes les activités qui ne fonctionnent pas, la direction étudie toutes les options », a résumé Laurence Gilardo (SNTA-FO).

Selon l’intersyndicale, qui « déplore » l’absence à cette réunion du Pdg du groupe Jean-Charles Naouri, « qui fuit ses responsabilités sociales », la direction a « reconnu » une « erreur de communication » en interne sur ses projets.

Evoquant « l’inquiétude grandissante » des salariés, l’intersyndicale avait exigé la semaine dernière une réunion « dans les plus brefs délais » du comité de groupe pour « clarifier » la situation de Casino, dont le titre est en repli en Bourse depuis le début de l’année.

L’intersyndicale « reste mobilisée et unie » pour « déclencher un comité de groupe extraordinaire », souligne sa déclaration.

Selon le SNTA-FO, la direction « serait ouverte » à des discussions en vue de la négociation d’un « accord d’anticipation » pour accompagner sur le plan social les différents projets du groupe.

Le groupe Casino, dont le titre est en repli depuis le début de l’année, a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 37,8 milliards d’euros. Pressé par les investisseurs de réduire son endettement, il vise une réduction de sa dette en France de l’ordre d’un milliard d’euros « par autofinancement et grâce au produit des cessions d’actifs.

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