La direction d’Europe 1 visée par une plainte de représentants du personnel pour « entrave »

PARIS, 9 avril 2019 (AFP) – Une instance représentative du personnel d’Europe 1 a porté plainte à Paris pour « entrave » en visant la direction de la radio, qu’elle accuse de « pressions déloyales », a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) estime faire l’objet de « pressions déloyales » de nature « à entraver ses missions de défense de la santé et de la sécurité de ses salariés ».

Cette instance dit avoir constaté de « nombreux cas de burn-out » et de « harcèlement », illustrant selon elle « une dégradation » des conditions de travail dans un contexte « tendu » en raison des difficultés de la branche média du groupe Lagardère.

« Malgré les alertes du CHSCT et les avertissements de l’Inspection du travail, la direction n’a pas remédié aux situations d’entrave qui se sont au contraire multipliées ces derniers mois », déplore le comité.

La direction d’Europe 1, dont les audiences ont lourdement chuté ces dernières années et qui a annoncé en janvier une réorganisation de sa rédaction numérique, n’a pas souhaité commenter.

Dans sa plainte transmise au parquet de Paris le 19 mars et que l’AFP a pu consulter, le CHSCT dénonce des « entraves incessantes » caractérisées par une « opposition systématique et véhémente de la direction », la non-prise en compte d' »alertes » ou encore la « déstabilisation » de trois salariés titulaires de mandats dans les institutions représentatives du personnel. Certains ont fait l’objet de « surcharge de travail soudaine et démesurée », les plaçant dans « un état de détresse psychologique », selon le CHSCT.

La plainte déposée par les avocats Claire Chaillou et Christophe Béheulière évoque notamment le cas de Kamel A. responsable des jeux à Europe 1, membre du CHSCT et secrétaire du comité d’entreprise, visé par une procédure de licenciement après des plaintes pour agressions sexuelles, injures raciales et harcèlement moral déposées par plusieurs employées.

Le CHSCT affirme que la direction a fait « obstruction » à ses missions en lui dissimulant ces accusations qu’elle connaissait depuis avril 2018 et en l’écartant d’une enquête interne « diligentée de manière unilatérale ».

Le 21 janvier, le parquet a cité ce salarié à comparaître à un procès, prévu début mai, pour harcèlement sexuel et moral sur cinq femmes. Des faits qu’il conteste: défendu par Me Antoine Maisonneuve, il a lui-même porté plainte le 10 janvier pour « harcèlement moral », accusant la direction de le discréditer par le biais d’une « instrumentalisation » de ces plaintes.

L’inspection du travail, qui s’était opposée à son licenciement le 21 février, avait mis en garde à plusieurs reprises la direction, évoquant « une situation de harcèlement discriminatoire ».

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