La France a encore fort à faire pour regagner en compétitivité (étude)

PARIS, 10 mars 2016 (AFP) – La France a regagné en compétitivité mais elle doit encore améliorer, notamment, la qualité de ses exportations pour faire la différence avec ses concurrents, estime une étude de France Stratégie publiée jeudi.

Alors que « tout au long de la décennie 2000, la compétitivité de la France s’est dégradée », un « rééquilibrage s’observe » depuis quelques temps, notamment grâce à la mise en place du Pacte de responsabilité et du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), souligne cette étude.

De fait, « nos parts de marché se sont stabilisées, notre déficit commercial a diminué, l’écart de compétitivité-coût (la compétitivité résultant du coût du travail, ndlr) avec l’Allemagne, notre principal concurrent sur les marchés tiers, s’est réduit, et les entreprises reconstituent leurs marges », explique-t-il.

La partie n’est pas pour autant gagnée, prévient l’organisme d’expertise placé auprès du Premier ministre, qui a entrepris de publier chaque semaine une note sur des enjeux pour la décennie 2017-2027, à l’approche de l’élection présidentielle.

Même si les parts de marchés se sont stabilisées après une forte dégradation dans les années 2000, les exportations françaises augmentent toujours moins vite que celles de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne, observe-t-il.

L’Hexagone souffre par ailleurs d’une « perception négative des investisseurs étrangers » sur des sujets tels que « le coût du travail, la complexité administrative et fiscale, la conflictualité du dialogue social, la rigidité du temps du travail »: son attractivité pour les investissements se dégrade par rapport à celle de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

Si sa compétitivité-coût s’est nettement redressée, notamment par rapport à l’Allemagne, elle est aujourd’hui menacée par la concurrence de l’Espagne et de l’Italie qui se sont engagés dans une modération salariale « plus vigoureuse qu’en France ».

Enfin, l’enjeu principal reste le renforcement de la « compétitivité hors coût », autrement dit l’amélioration de la qualité des exportations françaises, via une amélioration de la productivité et un accent mis sur l’innovation, estime France Stratégie.

« La concurrence exercée par les économies émergentes va s’accentuer car elles vont poursuivre leur montée en gamme », souligne l’étude.

Or, le pays souffre d’un déficit dans les qualifications et les compétences requises dans le cadre professionnel et d’une « qualité du management » insuffisante.

Par ailleurs, les entreprises les plus productives ne grandissent pas suffisamment pour pouvoir exporter tandis que de nombreuses sociétés peu productives restent en place.

Enfin, « les entreprises françaises n’ont pas encore adopté assez largement les nouvelles technologies et le numérique », regrette France Stratégie.

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