La France doit davantage encourager l’immigration professionnelle

PARIS, 22 janvier 2020 (AFP) – La politique migratoire de la France, historiquement dominée par l’immigration familiale, doit davantage mettre l’accent sur l’immigration professionnelle, notamment de salariés très qualifiés, estime un rapport parlementaire dévoilé mercredi.

« Longtemps focalisée sur le respect des droits individuels en matière de regroupement familial et de droit d’asile », la France s’est privée « des avantages économiques que pourrait lui procurer une immigration de travail plus dynamique et plus ciblée vers les hauts potentiels », écrivent les députés Stéphanie Do (LREM) et Pierre-Henri Dumont (LR).

Leur rapport sur « l’évaluation des coûts et bénéfices de l’immigration en matière économique et sociale » s’est notamment appuyé sur une étude commandée à France Stratégie, un organisme de réflexion rattaché au Premier ministre.

Sa publication intervient au lendemain de la publication des chiffres de l’immigration en France, avec notamment une hausse de 7% des demandes d’asile et du regroupement familial, et deux mois après la présentation par le gouvernement d’un plan immigration controversé, instaurant notamment des « quotas » de professionnels qualifiés.

Selon ces chiffres, l’immigration économique représente 15% des titres de séjours délivrés en 2019, contre 32% pour l’immigration familiale – dont le regroupement familial est une sous-partie.

Les rapporteurs appellent à promouvoir une immigration du travail « plus nombreuse, sélectionnée davantage en fonction de l’éducation et des qualifications », en s’élargissant aux « pays émergents sous-représentés dans l’immigration française », comme la Chine, le Brésil, l’Inde, la Russie et les pays d’Asie du Sud-Est.

Instauré en 2016, le dispositif « passeport talent », destiné à faciliter la venue des salariés les plus qualifiés, est salué par le rapport qui estime nécessaire de davantage le faire connaître par des « campagnes d’information » ciblées sur les employeurs et les principaux pays d’origine.

Par ailleurs, les deux députés préconisent un « meilleur pilotage » de l’immigration professionnelle dont ils pointent les « nombreuses faiblesses ».

Ils rappellent notamment « l’obsolescence » de la liste des métiers sous tension, élaborée en 2007 et jamais actualisée depuis. Selon une étude de l’OCDE citée par le rapport, « seuls 15% des métiers inscrits sur cette liste seraient encore en tension » en France.

Alors que le gouvernement a promis la création d’un « nouvel outil statistique », le rapport préconise qu’il soit construit « sur la base d’un maillage géographique très fin », dans chaque bassin d’emploi, « en concertation avec les partenaires sociaux, les branches professionnelles et les régions ».

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