La gestion de l’Union des associations familiales épinglée par la Cour des comptes

PARIS, 15 mars 2017 (AFP) – Une gestion « pas assez rigoureuse », une représentativité qui « s’érode », une légitimité « en déclin »: la Cour des comptes épingle dans un rapport le fonctionnement de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), préconisant sa complète refonte.

Dans un référé publié mardi sur son site, la Cour, qui a enquêté sur l’Unaf et onze Unions départementales des associations familiales (Udaf) qu’elle fédère, considère que cette instance qui a pour mission de « promouvoir, défendre et représenter les familles auprès des pouvoirs publics » ne s’est pas « mise en situation d’assumer ses responsabilités ».

Pourvue d’une dotation annuelle, « en progression continue », prélevée sur les ressources de la branche famille de la sécurité sociale, qui s’élevait à 28,4 millions d’euros en 2015, cette institution a une place « particulière et privilégiée » de la part des pouvoirs publics qui lui confère « des devoirs », pointe le référé.

Or, sa représentation institutionnelle des familles est « affaiblie », le nombre de familles adhérentes est « en déclin continu », sa « légitimité de plus en plus fragile », et elle est « dépourvue » de la rigueur de gestion attendue, dit la Cour.

« Ces constats doivent amener les pouvoirs publics à refonder complètement le dispositif », ajoute-t-elle.

Elle formule donc quatre recommandations: « clarifier précisément les critères d’adhésion », visant deux fédérations membres qui délivrent des prestations de service; « renforcer les pouvoirs de contrôle de l’Unaf sur les Udaf »; « supprimer son financement automatique »; et « déterminer sa dotation de fonctionnement dans le cadre de conventions pluriannuelles d’objectifs et de moyens ».

Regrettant un « document uniquement à charge », « en complet décalage avec le rapport provisoire qui montrait une gestion saine, l’absence d’abus et des dépenses gérées avec rigueur », l’Unaf a indiqué mercredi à l’AFP que « la baisse du nombre de familles adhérentes ne remettait pas en cause sa représentativité et sa diversité ».

« La transformation du financement préconisée par la Cour » reviendrait « à une mise sous contrôle de l’Etat » qui pourrait « mettre fin à l’indépendance d’opinions et d’actions », craint par ailleurs l’Unaf.

Dans une réponse adressée mardi à la Cour des comptes, ses deux ministres de tutelle, Michel Sapin (Economie et Finances) et Laurence Rossignol (Famille), indiquent qu’une convention d’objectifs a été conclue pour la période 2016-2020 entre l’Etat et l’Unaf.

Deux chantiers sur les critères d’adhésion et le contrôle des Unaf vis-à-vis des Udaf ont en outre été lancés.

L’Unaf compte environ 700.000 familles, représentant 2 millions de personnes, et 7.000 associations adhérentes.

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