La Halle (Vivarte) veut supprimer 101 postes au siège et dans son entrepôt d’Issoudun

PARIS, 3 février 2020 (AFP) – La Halle a présenté lundi aux organisations syndicales un projet de réorganisation de ses activités qui prévoit la suppression de 101 postes au siège et dans son entrepôt logistique d’Issoudun, a annoncé l’enseigne du groupe Vivarte dans un communiqué.

La Halle compte en France 860 magasins de vêtements et de chaussures, et emploie plus de 8.000 salariés.

La chaîne a déjà taillé à plusieurs reprises dans ses effectifs et son réseau: le dernier plan social, datant de 2017, prévoyait la suppression de 447 emplois et la fermeture de 141 magasins.

Lundi, l’enseigne a indiqué avoir vendu l’an dernier « près de 80 millions de pièces en France » et avoir conclu son exercice annuel sur un chiffre d’affaires de 847 millions d’euros « et des résultats encourageants » ainsi qu’un « Ebitda (excédent brut d’exploitation, NDLR) positif et des capacités d’investissement confortées », sans plus de détails chiffrés.

« Néanmoins, la dégradation continue du marché de l’habillement et de la chaussure affecte La Halle. En conséquence, l’entreprise décide de poursuivre et d’accélérer le plan global de relance de son activité et d’adaptation de son modèle économique qui avait été engagé en 2017 », a-t-elle précisé.

La direction de La Halle a souligné avoir lancé lundi un processus « d’information-consultation » avec les instances représentatives du personnel « portant sur un projet de refonte de l’organisation et d’optimisation de ses activités logistique et siège ».

« A l’issue de la procédure, ce projet entraînerait la suppression de 101 postes en CDI au siège et à l’entrepôt logistique d’Issoudun (Indre) dédié à la chaussure. Le réseau de magasins ainsi que l’entrepôt de la Malterie à Montierchaume (Indre) ne sont pas concernés par le projet », a détaillé l’enseigne.

Sur les 101 postes visés, 63 sont situés au siège et 38 à Issoudun. « En parallèle, 19 postes seraient créés au siège et à l’entrepôt pour soutenir la nouvelle organisation », est-il précisé.

Pour la CFDT, premier syndicat dans le groupe Vivarte et à la Halle, « on continue à avancer vers un démantèlement du groupe et des restructurations sauvages. On s’assoit aussi une fois de plus sur toutes les instances car le Comité social et économique (CSE) d’Issoudun et celui du siège doivent avoir lieu demain (mardi) matin », a déploré auprès de l’AFP Jean-Louis Alfred, coordinateur groupe CFDT et délégué syndical central de La Halle.

Selon lui, « les fonds qui se sont partagé le groupe il y a cinq ans veulent se débarrasser de ce qui a un coût, la logistique, pour regonfler les recettes ». M. Alfred dénonce également « les fermetures massives de magasins, au nombre de 810 aujourd’hui contre 1.400 il y a cinq ans » au niveau du groupe.

Pour la CGT, « la direction a échoué à réorganiser l’entreprise. Force est de constater qu’après deux gros PSE en 2015 et en 2017 qui devaient servir à redresser les choses, on continue de supprimer des emplois. C’est scandaleux. C’est le résultat de mauvais choix stratégiques », dénonce Karim Cheboub, secrétaire adjoint au comité de groupe.

Le groupe Vivarte s’est profondément restructuré pendant plus de deux ans pour se recentrer autour des enseignes La Halle, Caroll et Minelli.

En 2018-2019, il a réalisé un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros et réduit de moitié sa perte nette, à 66,4 millions d’euros, sans parvenir donc à dégager le bénéfice espéré.

kd-ls/tq/eb