La manifestation parisienne CGT partira samedi de République

PARIS, 29 novembre 2018 (AFP) – La CGT prévoit un rassemblement à 12H00 samedi place de la République, avant une manifestation où devrait être présent Philippe Martinez, son secrétaire général, pour soutenir les privés d’emploi et infléchir la politique du gouvernement, a-t-elle annoncé jeudi à l’AFP.

« La préfecture a validé le parcours, même s’ils ont du mal à estimer la mobilisation des +gilets jaunes+ », a déclaré Tennessee Garcia, secrétaire général du Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires de la CGT, à sa sortie de la préfecture de police de Paris.

Ce syndicat organise depuis 12 ans le premier samedi de décembre une mobilisation pour soutenir les chômeurs, un appel auquel s’est jointe cette année la confédération.

L’an dernier, 5.000 personnes ont manifesté à Paris et cette fois M. Garcia table sur une affluence plus importante, non seulement parce qu’il y a l’appui de la confédération mais aussi parce qu’il s’attend à ce que des « gilets jaunes » s’y joignent. « On partage des choses en commun. La CGT a tendu la main avec sa revendication sur la précarité », a-t-il dit à l’AFP.

La confédération avait lancé son appel le 20 novembre, trois jours après la première journée de mobilisation des « gilets jaunes » avec laquelle elle a marqué au début ses distances.

Elle a appelé « tous les citoyens, salariés actifs et retraités » à se joindre aux manifestations le 1er décembre des privés d’emploi pour « infléchir » la politique du gouvernement et « ne pas laisser dévoyer leur colère par ceux distillant des idées xénophobes, racistes, homophobes ».

Traditionnellement, la confédération n’appelle jamais à battre le pavé les samedis.

Mercredi, après la décision d’Édouard Philippe de ne pas donner de coup de pouce au Smic, M. Martinez avait appelé à ce qu’il y ait « beaucoup de monde dans la rue samedi ». « Moi, en général, j’ai un gilet rouge, c’est la couleur de la CGT. Mais rien ne s’oppose à ce qu’il y ait des gilets rouges à côté de gilets jaunes », avait-il assuré.

Samedi, des prises de parole d’assistantes maternelles, de représentants CGT de Pôle emploi et de l’Afpa – où sont prévus des suppressions de postes – mais aussi de l’énergie et des privés d’emplois se tiendront place de la République.

À 14H00, le cortège doit s’ébranler direction rue Traversière, devant le siège de l’Unédic, dans le XIIe arrondissement, alors que se tiennent actuellement des négociations sur l’assurance chômage.

Le PCF s’est joint à cet appel, son secrétaire national, Fabien Roussel, appelant à en faire « un grand succès ».

FO, qui avait organisé la mobilisation du 9 octobre avec la CGT, ne va pas participer cette fois. L’appel « est adressé aux citoyens et non aux seuls travailleurs. Cela nous pose problème car elle sort du cadre syndical », a expliqué Yves Veyrier, son secrétaire général.

Samedi, les « gilets jaunes » sont également appelés à manifester à Paris, sur les Champs-Élysées, comme la semaine précédente où de nombreux incidents ont eu lieu.

Depuis la loi 2016, les manifestations syndicales sont émaillées de dégradations, en raison notamment de la présence en marge de ses cortèges de « black blocs », un alliage hétéroclite de militants radicaux d’ultragauche.

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