La Mutualité française promet un geste pour les assurés modestes en 2019

PARIS, 20 décembre 2018 (AFP) – La Fédération nationale de la Mutualité française s’est engagée jeudi dans un communiqué à faire un « effort de solidarité exceptionnel » en neutralisant la hausse des tarifs pour les assurés les plus modestes en 2019, et a appelé à accélérer la mise en oeuvre du reste à charge zéro.

Les complémentaires santé (assureurs et mutuelles) avaient été reçues mardi par Emmanuel Macron, qui les a priées de geler leurs tarifs en 2019 et leur a donné 48 heures pour faire des propositions en ce sens. A l’issue de la réunion, elles ont seulement accepté de s’abstenir d’augmentations liées au « reste à charge zéro »pour des soins dentaires, optique et auditifs.

« En 2019, afin de faciliter l’accès aux soins de tous, les mutuelles s’engagent à un effort de solidarité exceptionnel pour neutraliser la hausse des tarifs des contrats souscrits le plus souvent par les plus modestes (dits +contrats au ticket modérateur+), via un mécanisme de compensation », a répondu la Mutualité française jeudi.

Elle précise que « 4,3 millions de personnes protégées par une mutuelle pourront ainsi en bénéficier » et suggère que cet effort puisse « être amplifié par une baisse des taxes qui pèsent trop lourdement sur les contrats santé des Français (14,07 %) ».

Par ailleurs, « afin de répondre aux attentes des Français en matière d’accès aux soins », le Conseil d’administration de la Mutualité Française, qui fédère une grande partie des mutuelles, « propose d’accélérer la mise en place de la réforme du reste à charge zéro » avec un déploiement « dès le second semestre 2019, et non d’ici 2021, comme prévu initialement ».

Mais pour cela, « les mutuelles appellent l’ensemble des acteurs concernés – les pouvoirs publics, l’assurance-maladie, les complémentaires et les professionnels de santé – à se mobiliser », en précisant que « naturellement, les établissements mutualistes (opticiens, dentistes, audioprothésistes) s’y inscriraient et proposeraient les paniers de soins à reste à charge zéro ».

Le président de la Mutualité française, Thierry Beaudet, déplore dans le communiqué des « critiques excessives » envers les mutuelles, récusant le terme de « sabotage politique » utilisé la semaine dernière par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Cette dernière l’avait utilisé à l’encontre de certaines complémentaires santé qui avaient justifié leurs augmentation par la réforme du « reste à charge zéro » censée entrer en vigueur par étapes entre 2019 et 2021.

Jeudi, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé « des hausses parfois spectaculaires » de tarifs prévues l’an prochain et demandé au gouvernement « d’agir par la loi » pour inverser la tendance.

cel/cam