La négociation intermittents « continue » en dépit d’un cadrage financier « inacceptable »

PARIS, 29 mars 2016 (AFP) – La négociation « intermittents » menée par les professionnels du secteur en parallèle à la négociation officielle sur le régime d’assurance chômage « continue en vue d’un accord », indépendamment du cadrage financier proposé par le Medef, jugé « inacceptable » par la CGT et « très difficile » par les employeurs.

« On continue de travailler de façon déterminée avec la volonté d’aboutir à un accord en dépit de cette lettre de cadrage extrêmement difficile », a indiqué à l’AFP Claire Guillemain, présidente de la Fesac (Fédération des entreprises du spectacle vivant, de la musique, de l’audiovisuel et du cinéma), après une réunion de la branche mardi matin.

Mme Guillemain anime depuis le 25 février cette négociation du secteur, parallèle à celle sur le régime général d’assurance chômage, mise en place par la loi Rebsamen du 17 août 2015 qui a contribué à apaiser le dernier conflit des intermittents en 2014.

Dans cette négociation parallèle, la profession doit s’entendre sur les futures conditions d’indemnisation des intermittents, mais dans la limite d’un « cadre financier » qui fixe le montant des économies à réaliser.

Dans la lettre de cadrage qu’il propose aux partenaires sociaux, le Medef demande au régime des intermittents du spectacle de réaliser 185 millions d’économies par an, en année pleine, d’ici 2018. Cet effort reposerait à hauteur de 105 millions d’euros sur les professionnels du spectacle, et les 80 millions d’euros restants seraient financés par l’Etat.

« On a tous convenu que ce cadrage était inacceptable, il est en plus minoritaire, seules la CFDT et la CFTC au niveau confédéral vont le signer, et l’idée de réclamer de l’argent à l’Etat fait l’unanimité contre elle », a pour sa part indiqué Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle (majoritaire).

Les partenaires du secteur du spectacle rappellent leur attachement à un régime de solidarité alimenté par les cotisations, a souligné Mme Guillemain, qui « refuse de demander l’aide de l’Etat ».

Le recours à l’Etat pour financer le régime pose un problème pour l’avenir: « L’Etat ne mettra pas l’argent de façon pérenne, il suffit d’un changement de gouvernement pour qu’il soit supprimé », souligne Denis Gravouil.

Samuel Churin, porte-parole de la Coordination des intermittents et précaires, fer de lance de la dernière lutte des intermittents en 2014 avec la CGT a appelé « à la résistance », estimant que « la situation n’a jamais été aussi grave ».

La coordination et la CGT appellent à une Assemblée gérérale le 4 avril au Théâtre de la Colline à Paris.

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