La patronne d’Engie défend la parité, « essentielle à la performance » d’une entreprise

 PARIS, 8 mars 2017 (AFP) – « L’égalité des genres est essentielle à la performance économique », a plaidé mercredi Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie et seule femme actuellement à la tête d’un groupe du CAC 40.

Dans une tribune publiée sur le réseau social LinkedIn à l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, Isabelle Kocher livre un plaidoyer en faveur de la promotion des femmes, en particulier dans les secteurs des sciences et de l’ingénierie.

La patronne d’Engie explique avoir réellement pris conscience que « l’oeil n’était pas encore habitué à voir une femme occuper un poste de direction » lorsqu’elle a pris la tête du groupe l’an dernier.

Elle reconnait ne s’être « jamais posé la question » du genre dans l’entreprise avant cela, n’ayant « jamais eu l’impression de (se) heurter » à des barrières liées au fait qu’elle soit une femme.

En avance sur nombre d’autres groupes français, le comité exécutif d’Engie est aujourd’hui composé d’un quart de femmes, contre 13% de femmes dirigeantes dans le secteur de l’énergie.

Pour Isabelle Kocher, au delà « de la représentation des femmes aux postes de dirigeants ou de responsables », l’autre problème est la sous-représentation des filles parmi les diplômés en sciences, technologies, ingénierie ou mathématiques.

Entre son expérience d’étudiante en physique et celle aujourd’hui de sa fille, étudiante en classe préparatoire scientifique, le ratio entre filles et garçons est « a peu près inchangé », regrette-t-elle.

Elle se dit « profondément attristée » que seulement 14% des femmes entrant à l’université dans l’OCDE choisissent un domaine scientifique, alors que c’est là, notamment dans les nouvelles technologies, que les besoins d’emplois devraient croître à l’avenir.

Selon elle, l’ouverture des recrutements aux femmes, comme à tous les groupes démographiques, permet à une entreprise d’élargir son bassin de candidats et « augmente donc ses chances d’embaucher les meilleurs talents ».

La parité est aussi « un meilleur reflet de la société » et permet donc à une entreprise de mieux comprendre les besoins de tous les groupes de la société.

Enfin, elle juge que la diversité au sens large « nourrit la pensée critique et les solutions innovantes ».

Pour promouvoir la parité, elle plaide pour que les entreprises se fixent des objectifs chiffrés et s’y tiennent et défend les programmes de « mentoring » pour les femmes, notamment mis en place chez Engie.

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