La Poste: des syndicats dénoncent la poursuite de négociations locales malgré la suspension

PARIS, 28 octobre 2016 (AFP) – Les syndicats SUD-PTT et Unsa-Postes ont tous deux demandé vendredi à la direction de La Poste que l’ensemble des négociations locales portant sur des projets de réorganisation des métiers du courrier soient suspendues, comme l’entreprise s’y est engagée.

A l’occasion d’une première réunion de négociations mercredi sur le métier de facteur, La Poste, mise en cause après plusieurs cas médiatisés de souffrance au travail, dont des suicides, a accepté de suspendre jusqu’à mi-décembre ses projets de réorganisation des métiers du courrier.

Mais dans deux courriers distincts, adressés au Pdg de la Poste Philippe Wahl pour SUD-PTT, et à la directrice générale adjointe, Sylvie François, et au directeur général de la branche courrier-colis, Philippe Dorge, pour l’Unsa-Postes, transmis à l’AFP, les syndicats dénoncent la poursuite de négociations sur les réorganisations dans plusieurs départements et territoires, malgré la suspension annoncée.

Pour SUD-PTT, que la « même formule » soit utilisée par « la plupart des directions » locales pour justifier le maintien des réunions des comités techniques et d’hygiène et de sécurité des conditions de travail (CHSCT), voire de rencontres avec les organisations syndicales, « laisse à penser qu’il s’agit d’une directive nationale ».

« Cette manière de faire est totalement inacceptable », écrit SUD-PTT pour qui, « en toute logique, la suspension des réorganisations pendant la période de négociations (sur le métier de facteur, ndlr) doit permettre de prendre en compte les décisions qui émaneront de ces discussions ».

« Sur quelles bases ces négociations peuvent-elles se poursuivre, puisque c’est la négociation nationale en cours qui doit donner le socle des futures réorganisations? », demande de son côté l’Unsa-Postes, en souhaitant que les « engagements » pris « soient respectés ».

Interrogée par l’AFP, La Poste a souligné que la suspension de la mise en oeuvre des réorganisations à la distribution jusqu’au 14 décembre était « effective ».

« Pour autant, il est tout à fait normal que les instances de concertation régissant la vie professionnelle des établissements continuent à se tenir dans le cadre d’un dialogue régulier et permanent », a-t-elle ajouté.

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