La Poste: lancement d’une négociation sur le métier de facteur sur fond d’inquiétude sociale

PARIS, 11 octobre 2016 (AFP) – La Poste a annoncé mardi, à la surprise des syndicats, le lancement d’une négociation sur le métier et les conditions de travail des facteurs et de leurs encadrants, sur fond d’inquiétude sociale.

« L’entreprise lance dès ce mois d’octobre une négociation nationale avec les organisations syndicales sur les métiers et les conditions de travail des facteurs et des encadrants au sein de ses activités services-courrier-colis », précise un communiqué du groupe.

Aucune date précise n’a été avancée, le groupe évoquant seulement une « suite logique » des négociations prévues dans le cadre de sa transformation. Les organisations syndicales, interrogées par l’AFP, assuraient mardi ne pas en être informées.

La Poste annonce également la signature d’un « accord majoritaire » sur « l’insertion des jeunes et l’emploi des séniors », qui prévoit le recrutement de 3.000 jeunes de moins de 30 ans en CDI et l’accompagnement du maintien dans l’emploi des séniors qui bénéficieront notamment de temps partiel aménagé.

Pour Claude Quinquis de la CGT, il s’agit d’un « contre-feu » après les informations des dernières semaines dans la presse sur les accidents du travail et les suicides.

« Nous sommes toujours prêts à discuter mais il va falloir des gestes concrets », a-t-il ajouté.

Des représentants de SUD PTT de plusieurs régions, accompagnés d’anciens salariés, ont dénoncé fin septembre devant la presse parisienne un « climat catastrophique » à La Poste, évoquant plusieurs cas précis d’accidents du travail dont des AVC et des suicides, après ceux de deux cadres sur leurs lieux de travail qui avaient donné lieu à un rapport de l’ancien secrétaire général de la CFDT, Jean Kaspar, et permis 15.000 recrutements au lieu de 10.000.

La Poste a réagi en assurant « ne pas se reconnaître dans la situation décrite » par SUD et souligné « être particulièrement investie dans la santé au travail et y investir chaque année plus de 30 millions d’euros ».

Stéphane Chevet, secrétaire national en charge de La Poste à la CFDT, a salué mardi l’ouverture de « négociations » sur les conditions de travail « du facteur aux cadres », que son syndicat « réclamait depuis plusieurs mois ».

Il a cependant regretté « que certaines organisations syndicales biaisent le débat » mais décrit « un vrai souci sur les accidents du travail au courrier » en forte hausse, comme sur « l’absentéisme », « la charge de travail ou la prévention de la pénibilité ».

Luc Girodin de l’Unsa, qui a rencontré mardi avec la CFTC et la CGC (qui forment avec l’Unsa une liste commune, ndlr) le PDG Philippe Wahl, a assuré à l’AFP l’avoir mis en garde sur « la souffrance au travail et les risques de suicides à La Poste ».

« Si ces négociations sont entamées pour éviter tout cela alors nous y participerons avec le plus efficacement possible », a-t-il dit.

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