La rémunération annuelle du directeur général de Sanofi approuvée à une tiède majorité à l’AG

PARIS, 4 mai 2016 (AFP) – En pleine polémique sur les rémunérations des grands patrons, les actionnaires de Sanofi ont voté à une majorité relativement faible la rémunération attribuée au directeur général Olivier Brandicourt pour 2015, mercredi lors de l’assemblée générale du groupe.

Les actionnaires ont approuvé à 63,26% la rémunération de M. Brandicourt, un score nettement inférieur aux autres résolutions soumises au vote, toutes approuvées à plus de 95%.

Accueilli par Sanofi début 2015 par un bonus de bienvenue (« golden hello ») de 4 millions d’euros sur 2 ans qui avait déjà suscité de vives critiques, M. Brandicourt a perçu au titre de l’exercice écoulé près de 4,4 millions d’euros de rémunération fixe et variable, ainsi qu’un pactole de 12,7 millions d’euros, virtuel pour le moment car sous forme d’options de souscription d’actions et d’actions dites « de performance », dont l’attribution définitive est soumise à des critères de performance du groupe sur les trois prochaines années.

« J’ai voté contre (la rémunération de M. Brandicourt), « parce que ce sont des salaires délirants par rapport à la misère du monde », a confié à l’AFP une retraitée actionnaire de Sanofi, à l’issue de l’assemblée générale à Paris.

« Ce sont des rémunérations scandaleuses, décidées par des conseils d’administration consanguins, qui ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont assis », selon un autre petit porteur de Sanofi, ancien expert-comptable.

Mais les votes des actionnaires aux AG étant seulement consultatifs, « ça ne sert à rien », s’est-il désolé.

Le débat récurrent sur les émoluments octroyés aux dirigeants des grandes entreprises françaises a été ravivé la semaine dernière par le conseil d’administration de Renault, qui a validé la rémunération annuelle de 7,25 millions d’euros de son PDG Carlos Ghosn malgré un avis consultatif contraire des actionnaires du groupe, à 54,12%.

Le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a menacé mardi de légiférer pour encadrer les rémunérations des grands patrons, si Renault, dont l’État détient 20% du capital, ne tenait pas compte de l’avis de ses actionnaires.

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