La rémunération des pharmaciens moins dépendante des ventes de médicaments à partir de 2018

PARIS, 13 juillet 2017 (AFP) – Le mode de rémunération des officines changera à partir du 1er janvier 2018 et sera moins dépendant des ventes de médicaments grâce à l’acceptation jeudi d’un des deux syndicats de pharmaciens (l’USPO) de la dernière proposition financière de l’Assurance maladie.

« Les points engagés dans cet avenant vont dans le bon sens, même si la proposition n’est pas à la hauteur de ce que l’on aurait espéré », a réagi Gilles Bonnefond, président de l’USPO, après avoir annoncé un vote « à unanimité » du conseil d’administration en faveur du texte présenté par l’Assurance maladie.

Depuis près de cinq mois, les deux syndicats représentatifs de la profession (USPO et FSPF) sont en négociation avec l’Assurance maladie autour d’un avenant à leur convention afin de changer leur financement et le rendre moins dépendant des prix et des volumes de médicaments impactés par des mesures d’économies.

Mercredi, la Caisse nationale d’assurance maladie a relevé sa proposition à 280 millions d’euros sur trois ans, répartie entre elle, à hauteur de 160 millions, et les mutuelles pour 119 millions d’euros. L’USPO en réclamait 300.

« Dans le contexte difficile de la profession, il était extrêmement compliqué de dire non », a expliqué M. Bonnefond.

Les représentants du second syndicat, la FSPF, ont en revanche rejeté à plus de 90% le texte. « Un refus massif qui en dis long sur le ras-le-bol de la profession », a commenté le président du syndicat Philippe Gaertner.

Malgré la proposition de l’Assurance maladie, les officines continueraient de « perdre annuellement 80 millions d’euros de rémunération », a-t-il estimé après avoir rappelé que « 60% des officines ont vu leur chiffre d’affaires régressé en 2015 ».

Le texte, qui entrera progressivement en vigueur à partir du 1er janvier 2018, prévoit de transférer une partie de la marge commerciale des officines –1,25 milliard d’euros sur trois ans– vers de nouveaux honoraires notamment liés à la complexité des médicaments ou au profil des patients (jeunes enfants et personnes âgées), soit un quart de leur rémunération.

L’avenant prévoit par exemple de rembourser les bilans de médications (coordination des différentes ordonnances d’un patient) 60 euros la première année de sa mise en place, l’accompagnement de certains malades sous anticoagulants ou suivant des traitements pour l’asthme sera rémunéré 50 euros, tandis que l’indemnité d’astreinte perçue dans le cadre de la permanence pharmaceutique serait portée de 150 à 170 euros.

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