La SNCF a dénombré 13,8% de grévistes jeudi, la CGT près du triple

PARIS, 19 mai 2016 (AFP) – La grève à la SNCF lancée mercredi par la CGT-cheminots et SUD-rail pour peser sur les négociations sociales en cours dans la branche et contre le projet de loi travail, a été suivie jeudi par 13,8% des salariés, selon la SNCF, « plus d’un cheminot sur trois », d’après la CGT.

La veille, le taux de participation s’élevait à 15%, tous métiers confondus. L’entreprise n’a pas communiqué la proportion de grévistes parmi les conducteurs où les deux syndicats sont ultra majoritaires.

La CGT affirme, elle, dans un communiqué que « plus d’un cheminot sur trois s’est à nouveau mobilisé » mercredi et jeudi. Davantage (plus de 40%) dans les entreprises de fret privées, estime le syndicat.

Comme mercredi, la circulation des trains voyageurs a été de nouveau globalement « perturbée » mais le plan de transport mis en place « entièrement conforme aux prévisions », selon un porte-parole de l’entreprise.

En moyenne, 50% des liaisons TER et 40% des Intercités devaient être assurées, deux TGV sur trois, avec de fortes disparités. Et en Ile-de-France, trois RER sur quatre et six Transilien sur dix.

En région parisienne, la SNCF notait « un petit sursaut » sur le RER E, où 1 train sur 2 circulait, contre 1 sur 3 mercredi.

Sur le réseau régional, des bus de substitution ont souvent été mis en place.

Pour défendre les « conquis sociaux » des cheminots, la CGT-cheminots (premier syndicat) a durci cette semaine le mouvement, désormais reconductible chaque mercredi et jeudi.

Il s’agissait du quatrième épisode de grève depuis début mars.

De son côté, SUD-Rail (troisième syndicat) a appelé à reconduire la grève jusqu’au 11 juillet, soit au lendemain de la finale de l’Euro 2016 de football.

La SNCF s’attend toutefois à « un retour progressif à la normale quasi généralisé » vendredi.

Les syndicats de cheminots négocient actuellement avec la direction de la SNCF un nouvel accord sur le temps de travail et avec le patronat du secteur ferroviaire une convention collective harmonisée pour l’ensemble du secteur (fret/voyageurs, SNCF/privé), en vue de l’ouverture élargie à la concurrence à partir de 2020.

Ces négociations doivent aboutir avant le 1er juillet.

« Le rapport de force établi jusqu’ici fait bouger les lignes », estime la CGT-Cheminots. Selon le syndicat, les employeurs du secteur ferroviaire réunis au sein de l’UTP ont notamment accepté de programmer une nouvelle séance de négociation le 26 mai et le syndicat sera reçu vendredi par le secrétaire d’État aux transports.

CGT et SUD avaient également inscrit leur mouvement dans la contestation du projet de loi défendu par la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

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