La Suède veut 40% de femmes au conseil d’administration des entreprises cotées

STOCKHOLM, 9 septembre 2016 (AFP) – Le gouvernement suédois va déposer un projet de loi pour imposer un quota de 40% de femmes au conseil d’administration des entreprises cotées, sous peine d’amende, a annoncé vendredi le ministre de l’Industrie.

La nouvelle législation devrait rentrer en vigueur en 2017 mais les entreprises qui ne respectent pas les quotas ne seront sanctionnées qu’à partir de 2019, a expliqué le ministre, Mikael Damberg, qui espère à terme atteindre la parité.

Selon la taille de l’entreprise, l’amende sera comprise entre 250.000 et cinq millions de couronnes (entre 26.000 et 526.000 euros).

Pionnière de la parité en politique avec un gouvernement et un parlement où les femmes sont aussi nombreuses que les hommes, la Suède a longtemps hésité avant d’introduire des quotas dans les conseils d’administration alors que les femmes en occupent déjà 32% des sièges.

« Une meilleure répartition des postes d’administrateur entre les sexes est autant une question de compétitivité que d’égalité. La Suède doit pouvoir compter sur toutes les compétences », a-t-il déclaré.

Les entreprises dont 100% de l’actionnariat est contrôlé par l’Etat sont également concernées.

Pour que le projet de loi soit adopté, le gouvernement aura besoin du soutien d’une partie de l’opposition, qui a attaqué le texte.

« Que l’Etat intervienne et légifère pour déterminer qui va administrer les sociétés privées est par principe mauvais », a affirmé à TT le président du parti libéral, Jan Björklund.

Un avis partagé par le patronat qui a qualifié le projet de « populiste ».

Pour LO, le principal syndicat, il est au contraire « nécessaire, puisque ni les politiques ni les entrepreneurs ne prennent la responsabilité de faire entrer plus de femmes dans les conseils d’administration des entreprises », a dit Therese Guovelin, la première vice-présidente de LO.

Avec une représentation de 23,3%, les femmes restent très minoritaires dans les conseils d’administration des pays de l’Union européenne, selon des chiffres de la Commission qui a fixé en 2012 l’objectif des 40% pour les grandes entreprises européennes.

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