L’absentéisme des salariés de l’agroalimentaire inquiète la profession

PARIS, 1 avril 2020 (AFP) – L’absentéisme des salariés de l’agroalimentaire, l’un des seuls secteurs d’activité à fonctionner totalement en France malgré l’épidémie de Covid-19, progresse au fur et à mesure de l’avancée du coronavirus sur le territoire, a indiqué mercredi l’association Ania qui regroupe les industriels du secteur.

Au global, dans les quelque 18.000 entreprises du secteur que compte la France, le taux d’absentéisme moyen est « encore bas », autour de 10%, indique l’Association nationale des industries agroalimentaires, dans un baromètre diffusé mercredi soir.

Mais il est très différent selon les régions. Ainsi selon une enquête réalisée du 24 au 27 mars dans la région Ile-de-France, très touchée par l’avancée du coronavirus, l’absentéisme « pourrait tourner autour de 40% en moyenne ».

« Le personnel a peur de venir travailler » indique le document, en signalant aussi des « problématiques de transports en commun et de mode de garde d’enfants ».

En Nouvelle-Aquitaine, moins touchée par le virus, il est estimé à 18%, et en Bretagne il est « inférieur ou égal à 10% » signale l’association bretonne ABEA.

« Oui, forcément, il y a de l’absentéisme, on est en train de gérer sur certains sites des taux importants » a indiqué le président de l’Ania Richard Girardot sur RTL mardi.

« On fonctionne en mode dégradé, on ferme certaines lignes et on privilégie certains produits fortement demandés par les distributeurs », a-t-il précisé.

Les 17.723 entreprises agroalimentaires emploient 430.000 personnes en France, faisant du secteur l’un des premiers secteurs industriels de France, très épars sur le territoire et constitué à 95% de PME, 17% d’ETI, et seulement 3% de grands groupes internationaux (Danone, Bel etc.).

Elles réalisent un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 180 milliards d’euros.

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