L’Afep-Medef tacle Renault sur le salaire de son PDG

PARIS, 26 mai 2016 (AFP) – Le Haut comité de gouvernement d’entreprise, en charge du code de bonne gouvernance Afep-Medef, tacle férocement Renault quant à l’établissement du mode de rémunération de son dirigeant Carlos Ghosn dans un courrier au vitriol mis en ligne jeudi par le journal Les Echos.

Le 19 mai, le HCGE avait indiqué avoir transmis dans un courrier à M. Ghosn et au président du Comité des rémunérations de Renault, Patrick Thomas, « ses recommandations concernant la prise en compte du vote négatif des actionnaires » sur le salaire en 2015 du PDG.

Mais cette lettre est nettement plus sévère qu’indiqué à l’époque.

Mettant en avant le principe « d’exhaustivité », le Haut comité s’interroge notamment sur « la situation très particulière constituée par le cumul de la rémunération attribuée (à M. Ghosn) par Renault et celle au titre de la présidence de Nissan », le constructeur japonais dirigé également par l’industriel.

« Ou bien Renault et Nissan sont effectivement deux grandes entreprises autonomes, et dans ce cas, il faudrait justifier soigneusement comment, en termes de disponibilité, la direction générale peut être exercée par une seule personne et écarter la critique de certains observateurs qui considèrent que la rémunération très élevée dans le cadre de Renault correspond à une fonction à +mi-temps+ », se demande le HCGE.

« Ou bien, compte tenu de la proportion des actifs et de la contribution aux résultats de Renault représentées par cette participation , la performance du dirigeant de Renault est indissociable de celle du président de Nissan et le conseil d’administration du premier doit raisonner sur l’ensemble des deux fonctions, en termes de rémunération et d’appréciation de la performance du dirigeant », poursuit-t-il

« Dans ce cas en outre, les actionnaires de Renault devraient disposer d’informations détaillées sur la rémunération au titre de Nissan, et sur les mécanismes incitatifs qu’elle comporte, pour se prononcer en toute connaissance de cause », assure le HCGE.

Le Haut Comité souligne également que la rémunération des dirigeants mandataires sociaux doit aussi tenir compte « des réactions des autres parties prenantes de l’entreprise et de l’opinion en général », or « ce dernier objectif n’a pas été atteint ».

Le conseil d’administration de la marque au losange est passé début mai outre le vote consultatif des actionnaires, dont l’État, détenteur de 20% de l’ex-régie nationale, qui s’étaient prononcés à 54,12% contre la rémunération de M. Ghosn de 7,251 millions d’euros en 2015 au titre de PDG du constructeur français.

En ajoutant sa rémunération en qualité de PDG de Nissan, la rémunération annuelle totale de M. Ghosn devrait s’élever à plus de 15 millions d’euros.

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