« Laissez-nous tranquilles! »: avocats, infirmières et stewards manifestent à Paris pour leur retraites

PARIS, 3 février 2020 (AFP) – « Laissez-nous tranquilles! »: plusieurs milliers de manifestants, avocats, infirmiers, orthophonistes ou encore stewards, ont défilé lundi après-midi à Paris contre la réforme des retraites, dénonçant l »‘injustice » de ce projet pour les professions libérales.

A l’appel du collectif SOS Retraites, un cortège fourni de robes noires et de blouses blanches est parti en début d’après-midi de la place de la Bastille, dans un concert de sifflets et de cornes de brume, le jour où a débuté l’examen parlementaire de la vaste réforme des retraites.

Au-dessus de la foule, des pancartes clamaient « Infirmières en voie d’extinction » ou « Libéraux, vaches à lait » et un squelette revêtu d’une robe d’avocat se balançait au bout d’une perche.

« On va détruire des régimes qui fonctionnent pour l’incertitude », a déclaré à l’AFP Christiane Feral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux (CNB), institution représentative de la profession, selon qui 15.000 avocats ont défilé à Paris.

« Cela pourrait avoir du sens et personne n’en voudrait au gouvernement de poser la plume pour re-réfléchir », a-t-elle poursuivi, soulignant que « l’impact [de cette réforme] va être très violent. Pour les avocats c’est 50% de la profession directement impactée avec un doublement des cotisations ».

Après un mois de grève dure dans les barreaux de France, les avocats étaient nombreux dans le cortège, à la veille d’une réunion entre le Premier ministre, Edouard Philippe, et les représentants de la profession.

« On attend des propositions » du gouvernement, a souligné Mme Feral-Schuhl. « Les avocats sont inquiets, déterminés, en colère et ils prendront leur décision » sur la suite du mouvement, inédit en termes d’ampleur et de durée, a-t-elle ajouté.

Comme les avocats, les autres professions représentées dans le cortège veulent conserver leurs caisses de retraite « autonomes » et s’opposent au « système universel » voulu par Emmanuel Macron.

« La réforme des retraites est un très mauvais projet, aussi injuste qu’injustifié », a estimé Virginie Lajder, infirmière libérale venue de Cambrai (Nord) en blouse blanche.

« On n’embête personne, on ne coûte pas un euro aux Français, au contraire on participe à l’équilibre des retraites et on est excédentaires », a-t-elle ajouté.

« Les Français risquent de souffrir du désert para-médical: orthophonistes, kinés, infirmières, je ne connais aucun cabinet qui pourra survivre avec un doublement de ses cotisations », a-t-elle mis en garde.

C’est un « hold-up », a pour sa part affirmé Patrick Henry-Haye du SNGAF, un syndicat d’hôtesses et stewards à Air France.

« Un steward qui aura fait toute une carrière devrait avoir 2.000 euros de pension. Avec ce système-là, ce sera 1.000 euros. C’est divisé par deux alors que notre caisse autonome est saine, on ne demande rien à personne », a-t-il expliqué.

Une première manifestation du collectif le 16 septembre avait réuni 20.000 personnes selon les organisateurs, moitié moins d’après la police.

alv/nk/nm