L’Andeva réclame une loi pour indemniser les professionnels victimes du Covid-19

 PARIS, 6 avril 2020 (AFP) – L’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva) a réclamé lundi « une loi d’indemnisation » pour les professionnels victimes du Covid-19: les soignants, « mais aussi les pompiers, les policiers, les éboueurs, les routiers ou les caissières ».

Comme d’autres associations, dont la Fnath (association des accidentés de la vie), l’Andeva demande « la création d’un fonds d’indemnisation spécifique » pour ceux qui continuent de travailler et qui sont infectés par le coronavirus.

Le 23 mars, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait annoncé que les soignants contaminés seraient systématiquement reconnus en maladie professionnelle.

Mais « la société a une dette vis-à-vis de toutes celles et ceux qui sont en première ligne dans le combat » contre cette épidémie, non seulement le personnel soignant, mais également ceux « dont l’activité prioritaire est nécessaire au service du public et permet à notre pays de continuer à fonctionner », souligne l’Andeva dans un communiqué.

Parce que « cette dette, la société doit s’en acquitter, sans tarder et sans mégoter », il faut « des mesures exceptionnelles » dans ce contexte inédit, poursuit l’association.

Étant donné que « la réglementation existante dans le secteur public et le privé ne permet pas d’indemniser dignement toutes les victimes et tous les ayants droit », note l’Andeva, « le gouvernement doit promulguer une loi d’indemnisation assurant une réparation rapide et équitable de tous les préjudices subis par les victimes et leur famille », souhaite l’association.

Elle propose qu’un « fonds d’indemnisation spécifique » soit « alimenté par les cotisations des employeurs à la branche accident du travail-maladie professionnelle de la Sécurité sociale et par l’État ».

Ce fonds « permettrait de répondre aux besoins des personnes, salariées ou bénévoles, qui garderont des séquelles plus ou moins graves après une intubation dans un service de réanimation », explique l’Andeva. « En cas de décès, il garantirait l’indemnisation de tous les proches du défunt, y compris les concubins et les pacsés », ajoute-t-elle.

« L’Assemblée nationale a donné au gouvernement des moyens exceptionnels qui lui permettent, en situation de crise sanitaire, de légiférer très rapidement. Il est donc temps de passer aux actes », estime l’Andeva.

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