L’Assemblée a adopté le projet de budget de la Sécu pour 2016

PARIS, 27 octobre 2015 (AFP) – L’Assemblée nationale a adopté mardi en première lecture le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2016 par 286 voix contre 245, une majorité légèrement plus large qu’il y a un an.

La plupart des socialistes, la quasi-totalité des radicaux de gauche et une moitié des 18 écologistes ont approuvé le projet de budget, qui doit permettre de ramener le « trou de la Sécu » sous le seuil des 10 milliards et de créer une « protection universelle maladie ». Les députés Les Républicains, de l’Union des démocrates et indépendants et du Front de gauche ont voté contre.

Il y a eu 27 abstentions, dont 18 de députés socialistes « frondeurs », parmi lesquels Christian Paul, Laurent Baumel et l’ancienne ministre Aurélie Filippetti, soit le même nombre que la semaine dernière sur le volet « recettes » du budget de l’Etat.

Mais certains de ces critiques de la politique économique du gouvernement qui n’avaient pas pris part au vote de mardi dernier, tels Jean-Marc Germain ou Benoît Hamon, ont cette fois voté pour le PLFSS.

A l’inverse, Pouria Amirshahi (PS) a réitéré son vote contre, comme sur la première partie du budget de l’Etat.

Chez les écologistes, il y a eu 6 abstentions et 3 contre: Isabelle Attard, Noël Mamère et Jean-Louis Roumégas, mais ce dernier a indiqué après le scrutin qu’il avait voulu s’abstenir.

L’an dernier, en première lecture le PLFSS pour 2015 avait recueilli 270 suffrages pour, 245 contre, et 51 abstentions au total (dont 34 des frondeurs et de 14 écologistes).

« Le déficit de la Sécurité sociale passera l’année prochaine sous la barre des 10 milliards: c’est moitié moins qu’à la fin du quinquennat précédent. Nous pouvons en être fiers », s’est félicitée dans un communiqué la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine.

Elle a aussi salué un vote « à une très large majorité » sur un texte qui « renforce et modernise notre système de protection sociale, 70 ans après sa création ».

A l’inverse, Jean-Pierre Door pour le groupe LR a critiqué « un budget de renoncement, en trompe-l’oeil et pré-électoraliste ». Il a aussi évoqué un « divorce » de la majorité avec l’industrie pharmaceutique, les mutuelles et encore les professionnels de santé. De même Francis Vercamer pour l’UDI a épinglé « un budget sans ambition ».

Les députés du Front de gauche ont eux voté contre « une logique comptable » et une diminution du déficit « au détriment des prestations » à la population, selon François Asensi.

Le rapporteur du budget de la Sécu, Gérard Bapt (PS) a au contraire défendu « un effort sur l’efficience » des dépenses, sans déremboursements, franchises ou prélèvements nouveaux.

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