L’Assurance maladie propose de payer les consultations des médecins selon quatre niveaux

PARIS, 8 juin 2016 (AFP) – L’Assurance maladie a proposé mercredi aux syndicats de médecins libéraux de hiérarchiser les consultations selon quatre niveaux de rémunération et de créer une majoration de 15 euros pour les prises en charge en urgence, a-t-on appris de source syndicale.

Dans un document remis mercredi aux syndicats avec lesquels elle est en négociation pour une nouvelle convention, l’Assurance maladie propose la mise en place de « quatre ensembles de consultations et d’actes, (hors majorations liées à l’âge) répondant à des situations cliniques et des types de prise en charge différentes »: la « consultation de base », « les actes coordonnés », « les consultations longues approfondies » et « la consultation très complexe ».

L’Assurance maladie, qui ne donne pas la rémunération qu’elle prévoit pour chacun de ces niveaux, propose par ailleurs de verser en complément de la consultation coordonnée (niveau 2) une majoration spécifique de 15 euros pour le médecin correspondant qui aura reçu en urgence (dans les 48 heures) un patient à la demande de son médecin traitant.

« Quinze euros de majoration c’est très insuffisant au regard de ce que l’on fait économiser à l’Assurance maladie par rapport à ce que cela coûterait si le patient était envoyé aux urgences de l’hôpital », a réagi Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, un des principaux syndicats de médecins, auprès de l’AFP.

Le syndicat se dit en revanche « satisfait » que soit retenue sa proposition de quatre niveaux de rémunération qui « prennent en compte le contenu des consultations et pas uniquement la fonction du praticien ».

« Ces niveaux accessibles à tous les médecins, à des proportions diverses, valorisent leur implication. Reste à se mettre d’accord sur les contenus de chaque niveau et leur tarif », souligne Jean-Paul Ortiz, favorable à un tarif de base à 25 euros, puis autour de 30, 50 et 75 euros.

L’Assurance maladie suggère d’ajouter dans le niveau 3 les consultations longues à fort enjeu en termes de santé publique, comme la première consultation de contraception, celles pour la sortie d’hospitalisation ou encore le suivi des enfants en risque d’obésité par le médecin traitant.

Le quatrième niveau, qui ne peut s’appliquer « qu’à un nombre limité et défini de prises en charge », prévient-elle, concernerait la consultation pour la mise en place d’une « stratégie thérapeutique » de patients atteints de cancer ou de pathologies neuro-dégénératives, le suivi d’un enfant souffrant d’une maladie chronique par un pédiatre et le premier rendez-vous pour la prise en charge d’adolescents présentant une dépression sévère.

est/cel/phc