Le chômage partiel à « un palier » avec 12,4 millions de salariés, selon Pénicaud

PARIS, 13 mai 2020 (AFP) – Les demandes de chômage partiel ont atteint cette semaine « un palier » avec 12,4 millions de salariés concernés, a estimé mercredi la ministre du Travail Muriel Pénicaud qui veut maintenant « accompagner la décrue » avec une réduction progressive de la prise en charge par l’Etat.

Selon la Dares (le service statistiques du ministère), un million d’entreprises ont déposé au 11 mai des demandes d’activité partielle pour 12,4 millions de salariés, soit 300.000 salariés de plus en une semaine, une hausse qui se ralentit nettement par rapport aux semaines précédentes.

« On a atteint le palier », a estimé sur France 2 Muriel Pénicaud, pour qui « ça commence un tout petit peu à sentir la reprise ».

Cela ne signifie pas que tous ces salariés seront effectivement mis en chômage partiel. L’employeur demande d’abord une autorisation large pour un certain volume de salariés, et ultérieurement une demande d’indemnisation pour les heures réellement chômées.

Pour mars, seuls 48% des salariés couverts par une demande d’autorisation ont ainsi pour l’instant été placés en activité partielle ce mois-là.

La Dares souligne que toutes les demandes d’indemnisation pour mars n’ont toutefois pas encore été déposées, les entreprises ayant un an pour le faire.

Selon la ministre, 400.000 commerces rouvrent cette semaine, 50% des chantiers ont repris et l’industrie tourne à 60%.

« On est sur la voie de la reprise, il faut l’encourager et l’accélérer », a-t-elle jugé.

Afin « d’encourager le système à repartir, elle a confirmé que d’ici « la fin de la semaine » le gouvernement déciderait de faire « évoluer de façon progressive » le dispositif de chômage partiel à partir de juin en « baissant un peu » la part de remboursement aux entreprises.

Les salariés du privé mis au chômage partiel par leur entreprise bénéficient actuellement d’une garantie de 84% du salaire net (100% au niveau du Smic), que l’Etat et l’assurance chômage remboursent intégralement aux employeurs dans la limite de 4,5 Smic.

Selon des économistes, ce remboursement intégral aux employeurs pourrait freiner la reprise en incitant ceux-ci à ne pas reprendre leur activité tant que celle-ci ne serait pas jugée assez rentable.

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