Le chômage partiel « doit être prolongé », demande Veyrier (FO)

PARIS, 30 avril 2020 (AFP) – Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière, a réclamé jeudi que le dispositif du chômage partiel soit prolongé et insisté sur le fait que le déconfinement se fasse de manière « progressive », alors que le gouvernement prévoit de réduire la voilure à partir de juin.

« L’activité partielle doit être prolongée », a-t-il dit sur LCI, avant une visio-conférence avec le Premier ministre, qui doit entendre les partenaires sociaux sur le déconfinement.

« Si le chômage partiel n’est pas prolongé, on va faire basculer des centaines de milliers de salariés dans le chômage tout court », a-t-il ajouté.

Il a évoqué « des alertes sérieuses sur des plans de restructuration qui étaient plus ou moins dans les tuyaux (avant la crise, NDLR), où les entreprises semblent utiliser la situation pour accélérer les choses ». « On a tout intérêt à tout faire pour accompagner progressivement cette reprise. Elle ne peut qu’être progressive », a-t-il insisté.

C’est ce qu’il va dire à Edouard Philippe.

« J’attends des réponses, parce qu’un des maitres-mots du discours du Premier ministre, c’était la progressivité. Or j’ai le sentiment que cette progressivité se traduit par une accélération certaine. Et ce que je crains, c’est que de l’accélération, on passe à la précipitation qui serait une grave erreur », a détaillé le responsable syndical.

Avec les gestes barrières au travail, a-t-il souligné, « il va y avoir des bouleversements importants en matière d’organisation de travail, parce qu’on va demander aux salariés d’aller à l’encontre de ce qui est le réflexe spontané, social, qui est quand on arrive au travail, d’aller saluer ses collègues, discuter avec eux ».

« La progressivité va être essentielle dans le respect de ces gestes barrières, qui ne sont pas un réflexe spontané », a-t-il estimé.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a précisé mercredi qu’à compter de début juin, « le taux de prise en charge de l’Etat » du dispositif de chômage partiel serait « un peu moins important », alors que 11,3 millions de Français en bénéficiaient, soit plus d’un salarié sur deux.

bow/lum/shu