Le CHRU de Besançon renvoyé devant la justice pour l’exposition de salariés à l’amiante

BESANÇON, 4 mai 2016 (AFP) – Le centre hospitalier régional universitaire de Besançon sera jugé les 15 et 16 juin prochains devant le tribunal correctionnel de la ville pour avoir délibérément exposé des employés à l’amiante de 2009 à 2013, a-t-on appris auprès de l’hôpital et de l’avocate des plaignants.

Quelque 53 salariés du centre, les syndicats CFDT, CGT, FO, SUD et le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ont déposé plainte.

« La direction savait qu’il y avait de l’amiante de façon importante dans les locaux et n’a pas pris toutes les mesures de prévention, d’information, de formation et de protection des agents », a accusé leur avocate Me Anne-Sylvie Grimbert, dans un entretien à la radio France Bleu Besançon, qui a révélé le renvoi de l’hôpital devant la justice pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ».

Le CHRU de Besançon a indiqué dans un communiqué qu’il « réfute totalement ces accusations » et « s’étonne de cette soudaine mise en cause, car l’opération de travaux de mise en sécurité et désamiantage de l’hôpital Jean Minjoz est engagée depuis 2008 dans la plus grande transparence ». Il affirme qu’il « apportera toutes les explications à la justice ».

L’intersyndicale et la direction du CHRU avaient précisé lors des dépôts de plainte en 2013 qu’aucun agent n’avait contracté une maladie liée à une exposition à l’amiante pour le moment.

Les agents techniques se sont rendu compte en 2013 qu’ils avaient été exposés à l’amiante sans protection à l’occasion d’une formation pour se protéger de cette poudre blanche notamment rencontrée lors d’interventions dans les faux plafonds de l’hôpital.

En 2011, un rapport de l’inspection du travail avait conclu à une « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ».

D’après ce rapport, le CHRU a, « en pleine connaissance de la présence de matériaux amiantés dans ses bâtiments depuis novembre 2006, exposé ses salariés aux poussières d’amiante en ne prenant pas les mesures de prévention demandées par la Cram » (caisse régionale d’assurance maladie), à savoir l’information et la formation du personnel.

La direction du CHRU de Besançon souligne de son côté que « des moyens humains et financiers considérables (92 millions d’euros) sont déployés pour permettre la mise aux normes et le désamiantage total de l’Hôpital Jean Minjoz dans le respect absolu de la sécurité des usagers et des personnels ».

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