Le CNI, syndicat d’infirmiers, interpelle Marisol Touraine après deux suicides

PARIS, 1 juillet 2016 (AFP) – La Coordination nationale infirmière (CNI), l’un des deux syndicats de la profession, a adressé vendredi une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, pour l’alerter sur leurs conditions de travail après le suicide de deux infirmiers.

La CNI dénonce la « non-assistance à personnels en danger ainsi que l’abandon dont fait preuve la tutelle », alors que « depuis de longs mois » elle interpelle la ministre et ses services « au sujet du mal-être des soignants qui s’amplifie dans un contexte de restrictions budgétaires ».

Le syndicat déplore « la multiplication des injonctions contradictoires », « la mobilité à outrance » ainsi que la « polyvalence imposée » et des conditions de travail « de plus en plus dégradées ».

« Depuis de longs mois, nous sommes dans l’attente de mesures concrètes pour faire face à l’urgence et prendre en compte ces cris d’alarme. En retour, les seuls éléments de réponse évoquent un renforcement des mutualisations de moyens et, encore et toujours, des économies à réaliser », écrit le syndicat.

Le 13 juin, un infirmier s’est suicidé au CHU de Toulouse. L’établissement a reconnu le décès en « accident du travail par présomption d’imputabilité » en raison du fait qu’il s’est produit sur le lieu de travail.

Au Havre, une infirmière de 44 ans travaillant au service de pédiatrie néonatale de l’hôpital de la ville a mis fin à ses jours le 25 juin à son domicile. Une enquête administrative et une autre de la commission paritaire (direction et CHSCT) ont été ouvertes pour déterminer si le suicide devait être classé en accident du travail, a annoncé son employeur.

Cette seconde enquête sera « centrée sur les conditions de travail dans le service et son organisation », a précisé la direction de la communication de l’hôpital. Les conclusions ne sont pas attendues avant la rentrée, selon la même source.

« De tels événements dramatiques amènent nécessairement à s’interroger sur les difficultés d’exercice d’un métier choisi pour être au service des patients et des usagers du système de santé en faisant souvent fi de ses difficultés personnelles », a réagi de son côté l’Ordre national des infirmiers dans un communiqué.

L’Ordre prévient cependant que « nulle conclusion hâtive ne saurait être tirées quant aux motifs de ces drames » et que le moment « semblerait mal choisi pour désigner des responsables à la vindicte ».

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