Le Conseil régional d’IDF vote jeudi le déménagement à Saint-Ouen dans un contexte social tendu

PARIS, 15 novembre 2016 (AFP) – Le Conseil régional d’Ile-de-France examine jeudi le projet de déménagement du siège de la région en banlieue, dans un contexte de réorganisation des services et de l’espace de travail qui fait grincer des dents une partie des agents.

Cinq syndicats du Conseil régional ont appelé à une manifestation jeudi matin devant le siège à Paris.

Promesse de campagne de la nouvelle présidente de Région Valérie Pécresse (Les Républicains), le principe du déménagement « au-delà du périphérique » a été voté en janvier par 127 voix pour et 73 abstentions.

En juin, la cheffe de l’exécutif régional choisissait deux bâtiments d’un total de 56.815 m2, à Saint-Ouen, au nord de Paris, pour y implanter le futur siège, pour un loyer annuel de 21,2 millions d’euros, avec option d’achat.

L’opposition de gauche a dénoncé l’absence de concertation et le FN a déploré le choix du site le moins « pertinent ». « Il faut que les Français se réhabituent à l’idée que présider, c’est décider », a rétorqué Mme Pécresse, tout en soulignant avoir informé les syndicats au cours des différentes phases de sélection.

Jeudi, les élus devront valider les conditions financières de ce déménagement, destiné à regrouper au même endroit les 16 sites actuels de la région et les près de 2.000 agents qui y travaillent.

Les syndicats se sont inquiétés de problèmes de pollution sur le site, réfutés par la région, qui insiste sur l’accessibilité du lieu, la sécurité (quartier vidéo-protégé), la qualité des bâtiments, l’environnement (proximité de commerces et d’espace verts), le calendrier (déménagement terminé début 2019) et le prix.

La région est actuellement propriétaire de sept immeubles (33.000 m2) dans le VIIe arrondissement de Paris et loue 31.000 m2 de locaux dans la capitale, pour 30 millions d’euros par an. Au final, elle louera ses locaux à Saint-Ouen à un tarif moyen de 237 euros/m2 contre 504 euros/m2 en moyenne actuellement, insiste-t-elle.

Pour la région, ce déménagement est l’occasion de « participer au rééquilibrage au nord et à l’est et d’inclure de manière vivante les quartiers populaires dans le projet régional ».

– Hostilité à l’open space –

Mais c’est aussi « un levier pour transformer l’administration » et « créer un environnement de travail qui corresponde au monde de demain », précise-t-on dans l’entourage de Mme Pécresse.

Cela passera par 70% de bureaux en open space, puisque « c’est l’aménagement standard prévu pour l’immeuble par le propriétaire depuis le départ », selon la même source.

Un aménagement qui ne fait pas l’unanimité. « On sent une forte hostilité des agents, qui ont des appréhensions concernant la détérioration des conditions de travail », explique Fabrice Delangre, secrétaire de la CFDT, qui a organisé, avec la CGT, la FSU, Sud et l’Unsa, une consultation sur le sujet.

Parmi les 1.029 agents (sur 1.866) qui ont répondu, 1.001 se sont prononcés contre l’open space (27 pour, un nul). Une consultation jugée non valide par la région, car « les conditions de confidentialité n’étaient pas réunies ».

Les syndicats critiquent aussi la réorganisation des services en cours, qui passe selon eux par « 164 suppressions de postes ». La réorganisation, destinée à avoir « une administration simplifiée » et « une organisation plus lisible », se fait « dans la concertation », et « n’implique pas de réduction d’effectifs », rétorque la région, mais des « transformations de postes ».

Mais l’engagement de campagne de Mme Pécresse de ne pas remplacer les départs en retraite (sauf pour les agents des lycées), a permis de faire l’économie de 50 postes pour 2016, précise-t-on, et le « plan de départs volontaires » lancé en juillet, a attiré « un certains nombre de candidats ».

Pour la CGT et la CFDT (qui représentent deux-tiers des agents), la réorganisation « est très mal vécue par nos collègues », qui doivent « recandidater sur des postes », ajoute Anne-Marie Laspougeas (CGT).

Le Front de gauche a déploré une « marque de mépris envers les agents » et le PS « une réorganisation bâclée et inhumaine » et une « dégradation des conditions de travail sans précédent ».

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