Le CSE de TUI France s’inquiète d’un possible nouveau plan social

PARIS, 8 mars 2019 (AFP) – Le comité social et économique (CSE) de TUI France, premier opérateur touristique dans l’Hexagone, s’inquiète de l’éventualité d’un nouveau plan social qui pourrait viser « 300 à 400 postes » dans l’entreprise, dont la situation économique et sociale est qualifiée de « catastrophique », a-t-on appris vendredi auprès de l’instance.

« Il y a deux ans », lors du rachat du voyagiste Transat France, « on nous avait promis monts et merveilles. Or, on s’écroule » et « les bruits font état de 300 à 400 postes » qui pourraient être supprimés, a expliqué à l’AFP Lazare Razkallah, secrétaire (CGT, majoritaire) du CSE de TUI France, filiale française du géant allemand du tourisme

L’entreprise compte aujourd’hui « 1.300 à 1.400 salariés », dont « 967 en CDI », a précisé M. Razkallah.

Selon lui, TUI France, qui a annoncé fin janvier le départ de son PDG depuis 2012 Pascal de Izaguirre, a « perdu une trentaine de millions d’euros » sur son dernier exercice, clos fin septembre.

Le nouveau PDG, l’actuel responsable de la « région Ouest » (Belgique, Pays-Bas et France) Elie Bruyninckx, « nous dit : +ça va très mal, je vais prendre des mesures dans les semaines à venir et je n’exclus pas un plan social+ », a rapporté M. Razkallah.

Contactée par l’AFP, TUI France n’avait pas réagi dans l’immédiat.

Le CSE a adressé en février un courrier au président Emmanuel Macron pour l’alerter « sur la situation économique et sociale catastrophique » de l’entreprise. Après quatre plans sociaux depuis 2012 ayant entraîné la suppression de « 1.200 postes », « les salariés sont sous la menace d’un cinquième plan social » et « l’inquiétude ne fait que croître » chez eux, est-il écrit dans ce courrier.

« Ces plans sociaux à répétition, sans véritable stratégie, n’ont fait qu’aggraver la situation », insiste le CSE de TUI France (Marmara, Lookea, Nouvelles Frontières).

Le dernier en date, via un plan de départs volontaires, a eu lieu lors de la fusion avec Transat France, racheté fin 2016 par TUI, et s’est traduit par la suppression de « 330 postes », selon M. Razkallah.

Dans sa réponse, consultée par l’AFP, l’Elysée se dit « attentif » à la « démarche » du CSE, dont le courrier a été transmis au délégué interministériel aux restructurations d’entreprises Jean-Pierre Floris, tandis que les ministres de l’Economie Bruno Le Maire et du Travail Muriel Pénicaud ont été « avisés ».

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