Le déficit de la Sécu divisé par 4 en 2018, résultat moins bon que prévu

PARIS, 15 mars 2019 (AFP) – Le déficit de la Sécurité sociale a été divisé par quatre l’an dernier, à 1,2 milliard d’euros contre 5,1 milliards en 2017, ont annoncé vendredi les ministres de la Santé Agnès Buzyn et des Comptes publics Gérald Darmanin.

Ce résultat a beau être « le meilleur depuis 18 ans », il est toutefois moins bon que la dernière prévision du gouvernement, qui tablait sur 1 milliard, rappellent les deux ministres dans un communiqué. Ils expliquent que le « ralentissement » de la croissance au second semestre « a pesé sur les recettes » de la Sécu.

Les grands équilibres du budget adopté en décembre au Parlement sont néanmoins validés : le régime général, qui regroupe les branches retraite, maladie, famille et accidents/maladies du travail (AT-MP), « retrouve l’équilibre après 16 ans de déficit ».

« Les comptes sociaux sont tenus », se sont félicités Mme Buzyn et M. Darmanin, vantant le « sérieux budgétaire et financier du gouvernement depuis le début du quinquennat ».

Dans le détail, la branche famille est sortie du rouge « pour la première fois depuis 2003 » et affiche un solde positif de 0,5 milliard.

Déjà excédentaires les années précédentes, les branches retraite (+0,2 milliard) et AT-MP (+0,7 milliard) sont restées dans le vert.

Seule l’Assurance maladie est encore déficitaire, malgré un redressement spectaculaire (de -4,9 à -0,7 milliard) et une « maîtrise des dépenses », dont l’objectif de progression a été « respecté pour la 9e année consécutive », avec une réalisation « inférieure à la cible de 2,3% fixée par le gouvernement ».

Le tout « sans creuser les déficits des hôpitaux », qui ont récupéré l’intégralité des crédits gelés début 2018 et obtenu en prime une rallonge de 300 millions d’euros, débloquée mercredi par Mme Buzyn.

Même le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), traditionnellement à découvert, a nettement réduit sa perte (de -2,9 à -1,8 milliard), « enregistrant ainsi son plus faible déficit depuis 10 ans ».

Les deux ministres ne donnent en revanche aucun indication sur le budget 2019, qui devait marquer un historique retour à l’équilibre de la Sécu, avant que la crise des « gilets jaunes » ne change la donne.

Ce scénario est désormais « compromis », a reconnu Mme Buzyn en janvier, après le vote des « mesures d’urgence » promises par Emmanuel Macron.

La baisse du taux de CSG pour une partie des retraités et l’avancement au 1er janvier – au lieu du 1er avril – de l’exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires vont en effet priver la Sécu de 2,6 milliards d’euros de recettes, sans que l’Etat ne s’engage à compenser ce manque à gagner.

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