Le DRH de la SNCF juge de « grande qualité » l’accord de branche sur les salaires

PARIS, 7 février 2020 (AFP) – Le nouveau directeur des ressources humaines (DRH) de la SNCF, François Nogué, a défendu vendredi auprès de l’AFP la « grande qualité » d’un accord sur les métiers et rémunérations de la branche ferroviaire, dont la validation est suspendue à une décision du syndicat SUD-Rail.

Cet accord de la convention collective nationale (CCN) du rail « est un texte de grande qualité, extrêmement structurant », un « filet de sécurité pour les salariés », un « bon compromis » qui « définit les règles du jeu en milieu ouvert », a affirmé M. Nogué, alors que le transport ferroviaire finit de s’ouvrir à la concurrence avec l’arrêt progressif – enclenché en décembre – du monopole de la SNCF sur le transport intérieur de voyageurs.

Signé en janvier par l’Unsa ferroviaire (2e syndicat de la branche) et la CFDT-Cheminots (4e syndicat), cet accord sur les classifications et rémunérations du secteur ferroviaire pourrait être invalidé si SUD-Rail (3e) fait valoir son opposition au texte, comme l’ont déjà fait la CGT-Cheminots (1er) et FO (5e). SUD-Rail doit prendre une décision mardi, lors d’une réunion de son conseil fédéral.

« Pour la SNCF, la concurrence ne doit pas se faire par le dumping social, sur le dos des salariés. Elle doit se faire sur l’expertise, la qualité du service, l’offre commerciale, la réactivité par rapport aux besoins des usagers. C’est pour ça que l’accord de branche est important » et « protecteur pour les cheminots », a relevé M. Nogué, qui a pris lundi ses fonctions à la SNCF, où il est revenu après quelques années chez Orano (ex-Areva), le spécialiste du nucléaire.

« Les planchers de rémunérations » fixés dans l’accord, « c’est un filet de sécurité très important pour les salariés » de la branche, qui évolue « maintenant dans un environnement ouvert », a-t-il souligné.

Et « un élément vraiment très fort, c’est la portabilité de l’ancienneté », a-t-il noté: le salarié changeant d’entreprise apportera « son ancienneté avec lui », « sans repartir à zéro ».

Autres points « positifs » pour le DRH: le « référentiel d’emplois commun à toutes les sociétés » du secteur ferroviaire permettant aux cheminots de voir leur « qualification reconnue ipso facto » d’une entreprise à l’autre, « la prime d’ancienneté qui progresse de manière automatique tous les trois ans », ou encore « des majorations (salariales) des heures de nuit ».

« L’objectif, c’est que la concurrence se fasse avec des règles du jeu saines (…). L’alternative, c’est quoi? Que chaque entreprise fasse comme bon lui semble? Une CCN, ce sont des garanties », qui « sont souvent complétées par des accords d’entreprise », a ajouté M. Nogué, qui dit « attacher énormément d’importance au dialogue social ».

Débutées à l’automne 2017, les négociations sur les classifications et rémunérations ont duré plus de deux ans. « A défaut d’accord valide, l’État a prévu dans la loi d’orientation des mobilités (LOM, adoptée fin 2019, ndlr) la possibilité de légiférer par ordonnance », a souligné l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), organisation patronale du secteur.

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