Le fonds Perceva reprend les matelas Cauval

PARIS, 23 mai 2016 (AFP) – Le fonds Perceva a été désigné lundi par le tribunal de commerce de Meaux pour reprendre le spécialiste français de la literie Cauval (matelas Dunlopillo, Simmons, Treca), qui avait échappé de peu au dépôt de bilan il y a un an.

Le fonds d’investissement Perceva, également propriétaire de Dalloyau et de Monceau Fleurs, prévoit de garder « 1.445 salariés sur 1.661 », a indiqué à l’AFP son président, Jean-Louis Grevet.

Il compte également conserver « les sept sites industriels. Le huitième, qui est un site de recyclage et emploie 47 personnes en Ardèche, est dans un processus de reprise distinct; nous n’excluons pas de faire une offre d’ici la fin du mois. Le tribunal se prononcera fin juin sur ce sujet », a-t-il ajouté.

Le groupe sera notamment dirigé par deux anciens cadres de Cauval partis il y a quelques années: François Duparc en tant que président et Alain Boussuge comme directeur général commerce et marketing.

Perceva, « actionnaire dès demain à 100% (…) prévoit d’investir 70 millions d’euros, dont 40 millions en fonds propres, avec des fonds en urgence de 15 à 20 millions », a précisé M. Grevet.

Perceva reprend également les filiales à l’étranger « qui ne sont pas en dépôt de bilan » et comptent « plus de 800 salariés » dont « 300 en Angleterre, 300 en Tunisie, 170 en Allemagne et une cinquantaine en Pologne ».

– Salariés ‘soulagés’ –

« Nous sommes soulagés », a confié à l’AFP Mohammed El Rhazi, secrétaire CGT du Groupe Cauval, « parce que notre choix a été respecté. On va essayer dès demain de remettre l’usine en marche. On est prêt à repartir de plus belle ».

Les 14 comités d’entreprise des différents sites français du Groupe Cauval s’étaient prononcés le 13 mai à 96% en faveur de l’offre de Perceva.

« Pour nous, c’est beaucoup d’émotion car c’est un beau projet humain avec des salariés qui ont soutenu notre projet », a ajouté M. Grevet.

« Il faut qu’on montre maintenant qu’on n’a rien perdu de notre savoir-faire et de notre motivation », a poursuivi M. El Rhazi. « Nos clients peuvent compter sur nous, on est de retour (…) nos repreneurs sont des gens du métier, ça nous fait gagner du temps ».

En difficultés financières depuis plusieurs années, le Groupe Cauval, basé à Torcy (Seine-et-Marne), compte sept implantations industrielles: à Fougères, Saint Amand des Eaux, Bar-sur- Aube, Mer, Reichshoffen, le Coteau/Thizy et Mantes-La-Jolie/Limay.

Dix offres de reprises, dont certaines seulement partielles, avaient été déposées début avril, à l’issue d’un appel à candidatures lancé après son placement en redressement judiciaire fin février.

Le tribunal avait auditionné mardi 17 mai les quatre candidats à la reprise: Perceva, le groupe portugais Aquinos, le fonds d’investissement Verdoso et le groupe sud-africain Steinhoff, propriétaire de Conforama.

A l’initiative du Front de Gauche Alain Bocquet, huit députés de gauche et de droite, pour la plupart élus concernés par les implantations de Cauval, avaient écrit mi-avril au ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, pour demander que l’Etat soit « très attentif » aux conditions de reprise du groupe Cauval, dont le sort suscite de « très fortes préoccupations ».

Le groupe, qui a réduit ses effectifs de moitié entre 2008 et 2013, avait échappé de peu au dépôt de bilan en mars 2015. Il compte aujourd’hui environ 2.500 salariés en France et à l’étranger et a réalisé un chiffre d’affaires de 290 millions d’euros en 2015.