Le groupe belge Agfa-Gevaert veut fermer deux usines, 251 emplois en jeu

PARIS, 11 juin 2020 (AFP) – Le groupe belge d’imagerie industrielle Agfa-Gevaert a annoncé jeudi qu’il envisageait la fermeture de ses usines de fabrication de plaques d’impression de Pont-à-Marcq (France) et de Leeds (Royaume-Uni), en raison du recul « durable » de la demande sur ce marché, mettant 251 emplois sur la sellette.

« Après avoir examiné l’ensemble des options envisageables, Agfa n’a désormais plus d’autre choix que d’envisager l’arrêt des activités de ces deux sites et à informer, en ce sens, les représentants du personnel, les salariés et les pouvoirs publics concernés », a expliqué l’entreprise dans un communiqué.

Selon elle, ce projet de réorganisation entraînerait la suppression de 175 postes sur le site de Pont-à-Marcq (Nord) et de 76 postes à Leeds.

« Le marché de l’impression offset (technique d’impression par plaques qui a dominé le XXe siècle, NDLR) a vu au cours des dernières années une chute importante et durable des volumes de plaques d’impression et une érosion substantielle des prix », a justifié Agfa.

« Les deux usines concernées produisent les plaques d’impression Thermofuse d’Agfa, un produit dont la demande diminue encore plus fortement que pour la plupart des autres plaques d’impression Agfa. En outre, les prévisions du marché ne laissent entrevoir aucun signe d’amélioration à court ou moyen terme », a complété le groupe belge.

Cette annonce « extrêmement difficile » doit permettre « d’assurer la pérennité même de ses activités de fabrication de plaques d’impression », dans un marché « extrêmement concurrentiel », a-t-il souligné.

Il veillera « à limiter au maximum les conséquences de ce projet en proposant l’accompagnement le plus adapté aux salariés concernés », a-t-il ajouté.

Pour Jean-Michel Bar, secrétaire CGT du CSE sur le site de Pont-à-Marcq, cette annonce a créé un « choc » chez les salariés. « Dans un bassin déjà sinistré, avec un marché restreint, la rareté technique de nos métiers » va obliger « beaucoup à se réinventer », malgré une moyenne d’âge « de plus de 50 ans ».

« Nous n’avons pas démérité et toujours fait notre travail correctement. Mais ils ont préféré nous sacrifier. Il nous reste à ne pas partir les mains vides », avec notamment « des formations pour les jeunes » a-t-il déclaré à l’AFP. « Ce sont les moments les plus pénibles d’une vie de travail, quand vous avez tout donné » pour l’entreprise.

Selon lui, la direction envisage une fin d’activité aux alentours de la fin octobre, avec une première réunion le 18 juin.

Concernant plus particulièrement le site français, la société a indiqué que l’arrêt de ses activités « se déroulerait progressivement à l’issue de la procédure d’information-consultation des partenaires sociaux et de sa validation par l’administration française du travail » et a précisé qu’elle entamerait « bientôt une recherche de repreneurs ».

Ancien grand nom de la photo grand public avec ses pellicules argentiques, Agfa-Gevaert s’est par la suite reconverti dans le traitement de l’image pour l’industrie, avec des équipements d’imagerie médicale ou d’impression pour les professionnels.

En 2019, il a réalisé un chiffre d’affaires de 2,24 milliards d’euros, selon le communiqué.

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