Le Medef demande à l’ARF de renoncer à la nouvelle taxe régionale

 PARIS, 25 juillet 2016 (AFP) – Le Medef a demandé au président de l’Association des régions de France (ARF), Philippe Richert, de ne pas mettre en place la nouvelle taxe régionale sur les ménages et les entreprises, y voyant une « attaque directe » contre ces dernières, dans une lettre que l’AFP a pu consulter.

Lors d’une réunion le 27 juin à Matignon, le gouvernement et l’ARF ont entériné la création d’une taxe spéciale d’équipement régional (TESR), qui doit rapporter aux régions 600 millions d’euros dès 2017. Elle devrait figurer dans le projet de loi de finances 2017.

« Monsieur le Président, nous vous demandons instamment de ne pas donner suite à cette initiative qui serait ressentie par les entreprises comme une attaque directe », a écrit Geoffroy Roux de Bézieux, numéro deux du Medef, dans cette lettre adressée le 20 juillet à Philippe Richert (Les Républicains).

« Les entreprises, qui contribuent pour près de 50% aux recettes fiscales des collectivités locales, sont totalement opposées à cette taxe décidée sans aucune concertation dans un contexte où leurs impôts locaux ne cessent d’augmenter et alors qu’il existe déjà plus de soixante taxes auxquelles elles peuvent être soumises au titre d’une implantation locale », a-t-il souligné.

« Les difficultés de financement que peuvent rencontrer les collectivités locales à la suite des transferts de compétence organisés par l’Etat, ne peuvent être résolues par la création d’un nouvel impôt sur les facteurs de production », a-t-il insisté.

Selon le responsable patronal, les entreprises françaises supportent déjà « des impôts huit fois supérieurs à ceux supportés par les entreprises allemandes ».

Contacté par l’AFP, le Medef a souligné qu’alors que les candidats à la primaire à droite faisaient part de leurs projets de réduction des dépenses publiques et de la fiscalité, c’était un représentant de la droite qui défendait cette nouvelle taxe.

« On espère que quels que soient les prochains vainqueurs de la présidentielle, on n’entretiendra pas les mauvaises habitudes », a-t-on déclaré au sein de l’organisation patronale.

Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand (Les Républicains), a annoncé la semaine dernière le retrait de sa région des activités de l’ARF pour protester contre cette nouvelle taxe.

Dans une lettre ouverte, M. Richert lui a répondu en renvoyant la balle dans le camp de l’Etat, invoquant l' »incapacité » des régions à assumer financièrement, au 1er janvier 2017, « ce qui s’apparente à un véritable transfert de compétences » en matière d’action économique, décidé par la loi de réforme territoriale NOTRe.

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