Le Medef prône une baisse des cotisations sur les salaires intermédiaires et élevés

PARIS, 11 octobre 2016 (AFP) – Le Medef propose de réduire les cotisations sociales sur les salaires intermédiaires et élevés, via l’instauration d’une franchise de cotisations qui diminuerait le coût de tous les emplois, a indiqué aux Echos un responsable de l’organisation patronale.

Le conseil exécutif du Medef a établi des propositions en matière de financement de la protection sociale, et demande dans ce cadre que les entreprises bénéficient de 30 milliards d’euros supplémentaires d’allégements de charges, a expliqué Claude Tendil, président de la commission protection sociale et membre du conseil exécutif du Medef, dans un entretien au quotidien économique à paraître mardi.

Et le Medef voudrait que cette manne serve pour la majeure partie à réduire le coût des emplois de tous les salaires, y compris intermédiaires et élevés, alors qu’actuellement les allégements de charges sont concentrés sur les bas salaires.

Dans le détail, « nous proposons d’instaurer une franchise de cotisations sur pratiquement les 1.000 premiers euros de salaire mensuel, ce qui permettra de supprimer les nombreux effets de seuil actuels, à 1,6 SMIC, puis 2,5, puis 3,5 SMIC », a expliqué M. Tendil aux Echos.

Sur les 30 milliards d’allègements de charges qu’il appelle de ses voeux, le Medef souhaiterait que 20 milliards soient consacrés à cette franchise de cotisations (bénéficiant à tous les emplois), tandis que les 10 milliards restants serviraient à amplifier les baisses de cotisations sur les bas salaires « pour continuer à soutenir les emplois peu qualifiés ».

Pour payer ce nouvel allégement massif de charges, qui s’ajouterait aux 40 milliards d’euros annuels du pacte de responsabilité, M. Tendil suggère deux pistes à « la majorité sortie des urnes » en 2017 : « s’attaquer au poids de la dépense publique », et financer plus fortement la protection sociale via l’impôt, estimant que « tout ce qui relève de la solidarité nationale doit être financé non par les cotisations, mais par un impôt à assiette large, TVA ou CSG ».

En outre le Medef, qui préconise aussi « 60 milliards d’euros d’allégements fiscaux », selon M. Tendil, propose que le Crédit d’impôt compétitivité emploi soit transformé en baisse de charges sociales « dès 2018 ». En début d’année, le président François Hollande avait déclaré vouloir transformer le CICE en baisse définitive de charges sociales au-delà de 2017, sans s’engager sur un calendrier précis.

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