Le nouveau Monsieur retraites sur le grill de LR à l’Assemblée

PARIS, 7 janvier 2020 (AFP) – Régimes spéciaux, professions libérales, petites pensions, pénibilité: après un débat au Sénat, Laurent Pietraszewski, le nouveau Monsieur retraites du gouvernement, a eu à répondre mardi soir à une batterie de questions à l’Assemblée, à l’initiative des députés LR.

« Vous naviguez à vue (…) A quelle date les régimes spéciaux vont-ils s’éteindre? Combien cette mascarade va coûter aux Français? », a attaqué le patron du groupe LR Damien Abad, qui avait demandé ces échanges, jugeant le Parlement « piétiné » jusqu’alors.

« On ne compte plus les reculades. M. Macron parvient à bloquer le pays sans même le réformer », a enchaîné Virginie Duby-Muller (LR), suivie de son collègue Aurélien Pradié qui a appelé le gouvernement à « sortir de l’ambiguïté » sur la future retraite minimale, les pensions de réversion ou encore le principe d' »universalité ».

« L’universalité n’est pas l’uniformité », a répondu M. Pietraszewski, devant un hémicycle peu fourni et dans un climat parfois agité.

Plusieurs LR ont aussi demandé pourquoi ne pas « maintenir les régimes autonomes » des professions libérales comme les avocats, et quel sera le sort de leurs réserves financières. « L’intégration sera progressive » et il sera tenu compte des « spécificités », sans que les réserves soient mises au « pot commun », a assuré le secrétaire d’Etat.

Cet ex-député LREM qui a succédé en décembre à Jean-Paul Delevoye a tantôt lu ses fiches, tantôt improvisé, face à des parlementaires qu’il connaissait souvent et qui lui posaient des questions assez ciblées.

Les critiques les plus virulentes sont venues de la gauche, qui a appelé au retrait du projet de réforme « mal ficelé » selon Laurence Dumont (PS), Mathilde Panot (LFI) dénonçant « l’inhumanité » du gouvernement et Jean-Philippe Nilor (groupe communiste) pointant les conséquences « génocidaires » du projet en outre-mer où le chômage est haut et les carrières incomplètes. La réforme sera « plutôt favorable à tous ceux que vous voulez défendre », lui a rétorqué le secrétaire d’Etat.

« C’est une réforme de justice sociale, ce n’est pas une réforme budgétaire », a-t-il répété à maintes reprises, reconnaissant que « le consensus, c’est un défi ». « Le gouvernement bouge », a aussi affirmé M. Pietraszewski, au 34e jour du conflit.

Édouard Philippe a proposé mardi de réunir les partenaires sociaux vendredi à Matignon pour discuter d’une conférence de financement, un pas en direction de la CFDT.

« L’heure doit être à l’écoute » des Français, à l' »ajustement » de la réforme, a plaidé Jean-Paul Mattei, député MoDem allié de la majorité.

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