Le patronat circonspect face aux mesures pour l’emploi de Hollande

PARIS, 4 janvier 2016 (AFP) – Le patronat s’est montré lundi circonspect face aux annonces de François Hollande en faveur de l’emploi faites lors de ses voeux aux Français.

« C’est comme le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), c’est bien mais ça ne règle pas totalement le problème, le problème c’est le coût du travail », a déclaré à des journalistes le numéro un du Medef, Pierre Gattaz.

Il a estimé que le CICE était un « anti-poison » face au coût du travail. « Donc il faut régler le problème du coût du travail, il faut le baisser », a-t-il dit.

« En France, depuis trente ans, on ne règle pas les problèmes, mais on crée des anti-poisons parce qu’on n’a pas le courage de régler les vrais problèmes », a-t-il ajouté, appelant une nouvelle fois à baisser les dépenses publiques françaises, à la « genèse » du coût du travail et d’une fiscalité « trop élevés » selon lui.

Le président de la principale organisation patronale, qui a présenté en décembre son « plan d’urgence pour l’emploi », a salué l’objectif de former 500.000 chômeurs annoncé par M. Hollande mais estimé que cela devait se faire en lien avec les entreprises.

« Nous, on dit pourquoi pas », a déclaré M. Gattaz. Mais « ce qui est fondamental, c’est de les former à des métiers demandés, à des besoins », a-t-il souligné, proposant de créer un « contrat de professionnalisation ».

Ce contrat aurait « un moindre coût pour les entreprises » et serait « abondé pendant un an ou deux par l’Etat », a-t-il détaillé.

Les entreprises « ont besoin de métiers, d’expertise dans certains domaines, de mécaniciens, de manutentionnaires, etc, mais c’est trop cher aujourd’hui parce que ça coûte un Smic », a-t-il expliqué.

Avec un contrat qui coûterait « idéalement 600-700-800 euros » à l’entreprise, « vous remettez le pied à l’étrier de gens très loin de l’emploi avec une formation à la clé », a-t-il estimé.

Le secrétaire général de la CGPME, Jean-Eudes du Mesnil, a aussi appelé à former les gens pour les offres d’emploi non pourvues, et non seulement pour les « métiers de demain » comme l’a annoncé le chef de l’Etat.

« Former les demandeurs d’emploi, c’est plutôt une bonne idée mais pourquoi les seuls métiers d’avenir ? Je vous rappelle qu’il y a à peu près 250.000 offres d’emploi non pourvues chaque année, et ça, c’est les métiers du présent », a-t-il déclaré sur RTL.

« Regardons déjà là où les chefs d’entreprises n’arrivent pas à embaucher », a-t-il plaidé.

Le responsable s’est félicité du fait que le gouvernement a pris en compte l’importance des PME.

« La bonne nouvelle, c’est de se rendre compte que l’emploi est créé dans les PME et dans les TPE (…) C’est important qu’ils le reconnaissent car les mesures, malheureusement, n’ont pas toujours été orientées vers les petites entreprises », a-t-il dit.

Sur l’éventualité d’une prime de 1.000 à 2.000 euros sur les embauches de salariés peu qualifiés, évoquée par le journal Les Echos, il s’est dit plus favorable à des exonérations de cotisations sociales.

« La prime, c’est +one shot+ alors que les exonérations de charges, c’est régulier », a jugé Jean-Eudes du Mesnil.

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