Le patronat ne devrait être financé que par les cotisations, plaide un dirigeant du BTP

PARIS, 19 octobre 2016 (AFP) – Les organisations patronales devraient être financées uniquement par les cotisations de leurs adhérents et ne plus recevoir de subventions publiques, estime le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), Jacques Chanut, dans un entretien mis en ligne mercredi par le quotidien l’Opinion.

« Aujourd’hui, les corps intermédiaires sont attaqués, notamment par les politiques. Nos organisations patronales ont une responsabilité en la matière », déclare le responsable patronal, dont la fédération, qui représente plus de 50.000 adhérents, est affiliée à la fois au Medef et à la CGPME.

« Si nous sommes autant pointés du doigt, c’est parce qu’il y a parfois un divorce entre les positions prises par les organisations et les attentes des adhérents qu’elles représentent », poursuit-il.

Soulignant qu’un syndicat patronal devait « être au service de ses adhérents », il se dit favorable « à la suppression de toute forme de subsides publics, de taxations, de prélèvements obligatoires ».

« Il y a nécessité de réaffirmer notre légitimité via les cotisations », juge M. Chanut. « C’est aussi le prix de notre indépendance vis-à-vis de l’Etat ».

Actuellement, les ressources des syndicats de salariés et des organisations patronales proviennent des cotisations, mais aussi des subventions publiques accordées au titre du financement du paritarisme.

« Aujourd’hui, même si rien n’est illicite ou occulte, le financement des organisations est illisible, opaque », constate le responsable.

M. Chanut s’exprime alors que le paritarisme est remis en cause, en raison notamment des difficultés rencontrées dans la négociation sur l’assurance chômage. Celle-ci patine, les partenaires sociaux peinant à se remettre autour de la table pour discuter d’une nouvelle convention.

Pour M. Chanut, « il y a des endroits où (le paritarisme) est à bout de souffle ».

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