Le PDG de Go Sport (groupe Rallye) remplacé, les salariés inquiets

PARIS, 4 mars 2019 (AFP) – André Ségura, le PDG du distributeur français Go Sport, filiale du groupe Rallye, a été remplacé par un spécialiste de la restructuration d’entreprises, a-t-on appris lundi de sources concordantes, une décision qui pourrait entraîner des fermetures de magasins selon le syndicat FO.

Philippe Favre, nommé président en remplacement de M. Ségura, est membre de Prospheres, un cabinet de dirigeants spécialisés dans le management d’entreprises en transformation. Il sera assisté par Brice Garnier, nommé directeur général et lui aussi membre de Prospheres, précise-t-on chez Go Sport.

Ils auront la charge « de définir avec l’ensemble des salariés les actions nécessaires qui permettront à Groupe GO Sport, notamment après la cession de +Courir+, de poursuivre sa transformation », ajoute-t-on de même source.

La semaine dernière, le distributeur de produits de sport avait finalisé la cession de son enseigne spécialisée dans la vente de chaussures de sport (251 magasins en France et 34 à l’international) à la société d’investissement Equistone Partners Europe pour 283 millions d’euros.

Le groupe, par un positionnement « différenciant » par rapport à ses concurrents, entend s’adresser aux sportifs de tous niveaux. Son grand rival Décathlon se désengageant des marques internationales, il y a une carte à jouer pour Go Sport, en tant que partenaire privilégié des marques, souligne l’enseigne.

« Nous confirmons le changement de gouvernance à la tête de Go Sport », a pour sa part affirmé un porte-parole de Rallye à l’AFP: les deux nouveaux dirigeants ont « comme feuille de route de redonner du souffle » à l’enseigne, dont « aucun projet de cession » n’est à l’ordre du jour.

– « tout est déjà préparé » –

Lors d’un récent entretien avec l’AFP, André Ségura avait affirmé que l’entreprise, née au coeur des Alpes à la suite des jeux Olympiques de Grenoble en 1968, avait enregistré en 2018 un chiffre d’affaires de 800 millions d’euros, en croissance de 6%.

Interrogé par l’AFP, le syndicat FO de Go Sport s’est inquiété de l’avenir de l’enseigne.

Philippe Favre et Brice Garnier « se sont présentés » aux représentants du personnel « simplement » le 26 février lors d’une conférence téléphonique, une heure avant un CE ordinaire, a affirmé Laurence Labaurie, déléguée FO.

« Cela va être la fin de notre enseigne » qui a déjà fermé « par petits bouts 35 magasins en quatre ans », « sans plan de sauvegarde de l’emploi pour les 300 » salariés concernés, a-t-elle ajouté.

« On pense que tout est déjà préparé » pour la fermeture de nombreux magasins ou leur cession, a souligné Mme Labaurie. Selon elle, « sur les 82 magasins » Go Sport restant en France, pour environ 1.800 salariés (dont 1.600 dans les magasins), « une cinquantaine sont dans le rouge ».

Dans un communiqué, FO rappelle que le cabinet Prospheres « spécialiste du +retournement d’entreprise+, a déjà oeuvré au sein des enseignes Pimkie, Jules, Tati, ou dernièrement Eurodif ». « Conséquences: des fermetures de magasins avec à la clé la suppression de centaines d’emplois », souligne FO.

Le groupe Go Sport compte au total quelque 400 magasins, sous différentes enseignes (Go Sport, Endurance Shop, Bike+, Techniciens du Sport et Go Sport Montagne), dont beaucoup en franchise.

La holding Rallye a vécu pour sa part une année 2018 difficile. Son action, ainsi que celle de son principal actif Casino, ont perdu du terrain depuis le début de l’année, les marchés s’inquiétant de leur endettement élevé.

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