Le PDG de Lufthansa chez la Première ministre belge dans un contexte « très difficile »

BRUXELLES, 15 mai 2020 (AFP) – Le gouvernement belge a reconnu vendredi mener des discussions « très difficiles » avec le transporteur aérien allemand Lufthansa pour l’avenir de sa filiale Brussels Airlines, en passe de supprimer un millier d’emplois à cause des pertes causées par le coronavirus.

Le PDG du groupe allemand, Carsten Spohr, a été reçu à la mi-journée à Bruxelles par la Première ministre belge Sophie Wilmès, trois jours après l’annonce de ce plan de restructuration.

La mesure intervient au moment où Lufthansa réclame un soutien financier de l’Etat belge –à hauteur d’environ 300 millions d’euros selon les médias–, tout en refusant les contreparties réclamées sur sa participation aux décisions concernant Brussels Airlines.

« Le gouvernement fédéral a indiqué à M. Spohr qu’il ne pouvait être question d’une intervention de l’Etat belge que si toute une série de conditions particulières étaient remplies », précise un communiqué publié à l’issue de la rencontre.

« Des garanties doivent ainsi être données en vue d’une mise en oeuvre correcte d’un +business plan+ réaliste et tourné sur l’avenir pour Brussels Airlines », ajoute le texte, présenté comme « une déclaration conjointe » du gouvernement et du groupe Lufthansa.

« Ces dernières semaines, les contacts ont été très difficiles », poursuit le texte.

Mais la rencontre avec Carsten Spohr, à laquelle a pris part le PDG de Brussels Airlines, Dieter Vranckx, a permis « un début de rapprochement », notamment sur l’importance d’un développement « concentré sur les continents africain et nord-américain ».

« Quant à la forme et aux conditions du financement », les négociations vont se poursuivre « dans les jours à venir », est-il indiqué.

Brussels Airlines, qui desservait plus de 80 destinations, a suspendu ses vols le 21 mars, alors que la pandémie du nouveau coronavirus se propageait à grande vitesse en Europe.

Depuis cette date, la compagnie, numéro un du secteur aérien en Belgique affirme avoir perdu 1 million d’euros par jour.

Elle a annoncé mardi un plan de restructuration qui prévoit la suppression d’un quart de son effectif d’environ 4.000 employés.

Le gouvernement belge a rappelé vendredi qu’il souhaitait « une limitation maximale du nombre de licenciements contraints et des efforts concrets dans l’accompagnement des collaborateurs » concernés par le plan.

Brussels Airlines doit reprendre progressivement ses vols à partir du 15 juin.

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