Le Premier ministre danois accusé de provocation sociale pour avoir choisi Ryanair

 COPENHAGUE, 19 février 2016 (AFP) – L’opposition de gauche au Danemark reprochait vendredi au Premier ministre libéral non pas des dépenses extravagantes pour s’être offert un week-end au soleil, mais bien d’avoir choisi la compagnie à bas prix Ryanair, dont elle dénonce des pratiques sociales contraires au modèle danois.

« Dégueulasse ! », s’est indigné le parlementaire social-démocrate Peter Hummelgaard Thomsen sur son compte Facebook. « La provocation à l’égard des syndicats est éclatante », a-t-il écrit, mais « la provocation à l’égard du salarié danois ordinaire est encore plus grave ».

Lars Løkke Rasmussen et sa compagne sont partis de Copenhague vendredi dernier à bord d’un appareil de Ryanair à destination de Malaga, dans le sud de l’Espagne, a révélé jeudi soir le quotidien populaire Ekstrabladet.

Les tarifs les plus bas affichés pour cette liaison sur le site internet de la compagnie sont de quelques dizaines d’euros.

Engagé depuis des années dans un bras de fer avec Ryanair sur les salaires et les conditions de travail, c’est semble-t-il le puissant syndicat 3F qui a révélé au journal la présence du chef du gouvernement à bord de l’avion.

« Ryanair représente une menace directe contre le modèle danois », selon Henrik Bay-Clausen, délégué 3F à l’aéroport de Copenhague.

Le Premier ministre adresse un « très mauvais signal » aux partenaires sociaux en faisant confiance à une entreprise qui « sous-paye ses salariés et ne leur donne rien ni pour leurs congés, ni pour les congés maternité, ni pour la retraite », fulminait un autre élu social-démocrate, Jeppe Bruus, cité par l’agence de presse Ritzau.

La mauvaise réputation de Ryanair en matière de politique sociale est telle que les quatre plus grandes villes du Danemark, Copenhague, Aarhus, Odense et Aalborg, interdisent à leurs fonctionnaires les déplacements professionnels avec cette compagnie.

Les députés de gauche ont l’intention de demander des comptes à M. Rasmussen, qui n’avait pas encore réagi vendredi après-midi, à l’occasion des questions hebdomadaires au gouvernement.

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