le Premier ministre fixe au 11 février la conférence de santé, menacée de boycott

PARIS, 29 octobre 2015 (AFP) – La « grande conférence de santé » que prépare le gouvernement aura lieu le 11 février, a annoncé jeudi Manuel Valls devant l’Ordre des médecins, où il a de nouveau confirmé la généralisation progressive du tiers payant critiquée par les syndicats de praticiens.

« Réunir tous les acteurs autour de la table doit nous permettre de parvenir à des solutions concrètes et consensuelles, à court et à moyen terme », a déclaré le Premier ministre dans un discours au Palais des Congrès à Paris, appelant à « un moment de décision ».

Cette conférence, annoncée en mars par le Premier ministre, doit porter notamment sur la formation des professionnels de santé.

Mais trois grands syndicats de médecins, MG France, la Fédération des médecins de France (FMF) et la Confédération des syndicats médicaux de France (CSMF), ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne participeraient pas à la rencontre, notamment pour protester contre le projet de loi de santé de Marisol Touraine, en examen au Parlement.

Manuel Valls a exprimé jeudi sa « profonde gratitude » et sa « profonde reconnaissance » aux médecins, disant « ne pas méconnaître » le « découragement » de certains prêts à « rendre leur tablier ».

Mais le Premier ministre a de nouveau confirmé la mise en place du tiers payant (absence d’avance de frais) pour les consultations chez le médecin, mesure phare du projet de loi de santé, très contestée par les médecins.

« Nous assumons cette décision, autant que nous entendons vos préoccupations », a-t-il affirmé.

« D’où nos engagements: un système simple, aucune mise sous tutelle des complémentaires et un déploiement progressif qui permet de le tester », a-t-il promis, alors qu’un rapport sur la mise en place du tiers payant doit prochainement être remis.

Le Premier ministre a également évoqué les prochaines négociations de la convention avec l’assurance maladie prévues en 2016, alors que les médecins réclament des consultations plus élevées.

« Il n’est pas souhaitable que ce soit uniquement un moment tarifaire déconnecté du contexte », « même si je ne doute pas que ce moment sera là », a affirmé M. Valls.

« Il y aura, je les annonce, des désaccords, mais là aussi, nous resterons ouverts au dialogue et à la concertation. Et tant mieux si nous arrivons à des accords, ce que je souhaite », a-t-il dit.

Le discours du Premier ministre avait été introduit par Patrick Bouet, président du Conseil de l’ordre. Des sifflets assez nourris sont venus de la salle de 900 médecins quand le nom de Mme Touraine a été prononcé, M. Bouet appelant au respect du gouvernement.

map/db/eb