Le recul de l’âge de la retraite ne nuit pas à l’emploi des jeunes (COR)

PARIS, 10 octobre 2016 (AFP) – La hausse de l’emploi des seniors, sous l’effet notamment du recul de l’âge de la retraite, ne nuit pas à l’emploi des jeunes, selon un document du Conseil d’orientation des retraites (COR) consulté lundi par l’AFP.

De 2005 à 2015, le taux d’emploi des personnes âgées de 55 à 59 ans a augmenté de plus de 10 points, passant de 38,2% à 48,6%, accompagnant le relèvement de l’âge effectif de départ à la retraite: un an pour le régime général et deux pour la fonction publique d’État, rappelle en préambule le COR, chargé de faire des propositions pour assurer la solidité financière des régimes de retraite.

Dans le même temps, le taux d’emploi des 15-24 ans a baissé de 2,6 points, passant à 27,8% en 2015.

« On pourrait conclure hâtivement à un lien de substitution entre travailleurs âgés et travailleurs jeunes », le recul de l’âge de la retraite conduisant notamment à une baisse de l’emploi des plus jeunes, poursuit l’étude.

Pourtant, l’hypothèse d’une substitution parfaite entre emploi des seniors et emploi des jeunes est « peu probable compte tenu des différences en termes de capital humain et de poste occupé », souligne le COR.

L’instance indépendante invite notamment à « nuancer » l’idée selon laquelle les seniors déjà en emploi, – et dont les employeurs connaissent les capacités productives -, auraient une plus grande probabilité d’y rester que les jeunes d’y accéder.

D’abord en raison de l’écart de salaire entre seniors et jeunes, mais aussi du souhait des entreprises de ne pas laisser leur pyramide des âges vieillir trop fortement pour ne pas déséquilibrer leurs effectifs lors des départs des seniors.

Par ailleurs, la recherche d’une meilleure adéquation entre compétences et demande de travail peut inciter des employeurs à se séparer des travailleurs les plus âgés au profit des plus jeunes, relève le document.

Les différentes études sur le sujet, passées en revue par le COR, plaident plutôt, selon ce dernier, en faveur d' »une complémentarité entre emploi des seniors et insertion des jeunes actifs sur le marché du travail ».

« Les évolutions des taux de chômage des jeunes et des seniors évoluent plutôt dans le même sens, essentiellement en lien avec la conjoncture économique », conclut-il, constatant que « les périodes de faible croissance économique sont celles qui connaissent une hausse du chômage à la fois des jeunes et des seniors ».

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