Le risque de dépendance peu pris en compte par les Français, selon une enquête

PARIS, 2 mai 2016 (AFP) – Quelque 1,2 million de Français ont perdu de leur autonomie et ils seront plus de 2 millions en 2040 du fait de l’allongement de la durée de vie: pourtant, 63% des 50-79 ans déclarent ne pas se soucier du risque de dépendance, selon une enquête.

« Le risque de dépendance n’est pas encore pris en compte par une proportion importante de nos concitoyens », relève la Fondation Médéric Alzheimer, à l’initiative de cette enquête nationale conduite en collaboration avec TNS-Sofres et l’École d’économie de Paris sur un échantillon représentatif de 3.390 personnes âgées de 50 à 79 ans.

Ainsi, 63% des Français interrogés affirment « ne pas être du tout préoccupés par ce qu’ils deviendront après 80 ans » tandis que 42% « ne souhaitent pas entendre parler du risque d’être un jour dépendant » et que 27% pensent « qu’ils ne seront jamais dépendants ».

Néanmoins, les personnes confrontées à la perte d’autonomie dans leur entourage sont davantage sensibilisées et envisagent plus fréquemment la possibilité d’être un jour dépendantes, souligne la Fondation.

Quant aux moyens financiers pour faire face à une future dépendance, 73% des personnes interrogées comptent sur leur revenu, 66% sur leur épargne, 32% sur les aides publiques et seulement 13% sur une assurance dépendance souscrite à titre individuel.

Peu de Français souscrivent à une telle assurance, avant tout en raison de son coût financier (77%). Trois quarts (76%) des non-assurés répondent aussi ne pas souhaiter payer une cotisation mensuelle pendant vingt ou trente ans.

Par ailleurs, 47% des personnes interrogées déclarent que leur famille leur apportera l’aide dont ils auront besoin. Un tiers souhaite être aidé par leur conjoint et un quart par des professionnels. Ils ne sont que 4% à vouloir l’être par leurs enfants.

Enfin, 65% considèrent que la prise en charge de la dépendance devrait être financée prioritairement par l’État et 49% que ce dernier devrait le faire davantage, quitte à augmenter cotisations sociales ou impôts.

Cette enquête inaugure le lancement d’un baromètre de la Fondation Médéric Alzheimer dont l’objectif est de suivre régulièrement l’évolution des attentes, préférences et comportements des Français face au risque de la dépendance.

cha/jg/nm