Le Sénat rejette le projet de budget de la Sécu en deuxième lecture

PARIS, 1 décembre 2016 (AFP) – Le Sénat, à majorité de droite, a rejeté jeudi en deuxième lecture le dernier budget de la Sécurité sociale du quinquennat avec l’adoption, contre l’avis du gouvernement, d’une motion préalable selon laquelle il n’y a pas lieu de délibérer.

187 sénateurs, l’ensemble de la droite, a voté la motion, la gauche, par 154 voix, a voté contre.

Le texte, que le Sénat avait profondément modifié en première lecture, repartira pour une ultime lecture à l’Assemblée nationale où les députés auront le dernier mot. Une commission mixte paritaire entre les deux chambres avait échoué à trouver un accord.

« Le rejet en bloc du texte illustre le clivage entre la majorité présidentielle et l’opposition », a dit la ministre de la Santé Marisol Touraine. « Ce sont deux visions de la protection sociale qui se font face, annonçant la campagne présidentielle ».

« Il y a quelques semaines, je pointais devant vous le risque d’une privatisation de la sécurité sociale qu’entraîneraient les projets des différents candidats à la primaire de la droite et du centre », a-t-elle poursuivi. « Vous vous montriez sceptiques, mais c’est pourtant ce que prévoit, noir sur blanc, le programme de François Fillon », a-t-elle dit.

« Le programme du candidat de la droite et du centre est une remise en cause de la sécurité sociale », a affirmé Evelyne Yonnet (PS). « Il a indiqué que les plus modestes ne seront pas moins remboursés. Et les classes moyennes? », a-t-elle demandé.

Le secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert, a défendu « un texte cohérent avec les nouvelles prévisions macroéconomiques ».

« Le Sénat a été caricaturé et utilisé pour critiquer le programme du candidat que nous soutenons », leur a répondu le président de la commission des Affaires sociales Alain Milon (LR). « Personne, et François Fillon moins que quiconque, ne remet en cause le principe fondateur de la sécurité sociale: on paie selon ses moyens, on est soigné selon ses besoins », a-t-il dit.

« Pour que le débat continue, il aurait fallu qu’il y ait un espoir d’accord », a lancé pour sa part Gérard Roche (UDI-UC). « Or la porte a été fermée par le gouvernement et l’Assemblée nationale ».

jlp/mat/DS